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Bye Bye Xavier, Welcome Eric

Mercredi 24 Mars 2010

Bye Bye Xavier, Welcome Eric
LA RUMEUR courait depuis quelques semaines : Éric Woerth, le (faux austère) ministre du Budget, allait remplacer Xavier Darcos, son alter-ego du Travail, après les Régionales. J'avais d'ailleurs publié un billet pour expliquer je trouvais l'idée... peu réaliste. Et puis, les choses se sont accélérées malgré les dénégations des proches de Darcos affirmant que leur ministre gardait la confiance de Sarkozy. "Y'a plusieurs personnes qui savonnent la planche à Darcos, m'a confirmé la semaine dernière un cadre de la majorité. Il n'est pas non plus aidé par les syndicats. Pour eux, Darcos est trop interventionniste et ne bosse pas assez. Ils en viendraient presque à regretter Hortefeux, c'est dire : lui, au moins, les laissait tranquille."

Un bien mauvais procès, selon moi. Certes, Darcos a fait quelques bourdes ces dernières semaines et s'est attiré les foudres des syndicats pour avoir lancé, sans les avoir informés, une commission pour simplifier le code du Travail. Mais quel ministre, surtout de droite, n'est pas critiqué par les leaders syndicaux ? De surcroit à quelques semaines du lancement de la réforme sur les retraites et à quelques jours d'une mobilisation où tous ont intérêt à faire monter la pression ? Même Xavier Bertrand, dont l'implication dans les dossiers était de l'avis de tous forte, était mal vu des Chérèque, Thibault, Mailly et consorts avant de quitter le ministère du Travail... D'ailleurs, François Chérèque, le leader de la CFDT, malgré les critiques qu'il pouvait avoir en privé sur Xavier Darcos, s'est fendu d'un coup de téléphone à Raymond Soubie, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, pour lui dire qu'il n'était pas judicieux de changer, encore une fois, de ministre du Travail. Pourtant, Darcos n'a pas démérité en neuf mois - soit quatre de plus que son prédécesseur, Brice Hortefeux - rue de Grenelle, notamment en relançant le dossier miné de l'emploi des seniors et en tapant du poing sur la table dans celui du stress au travail.



Eric Woerth est devenu le "Bercy des temps modernes", le ministère de l'instabilité par excellence où les titulaires se succèdent à un rythme effréné. Depuis janvier 2009, Éric Woerth est en effet le 4ème politique à s'asseoir dans le fauteuil du ministre du Travail... A croire que le débat sur les retraites n'est pas si important que cela et que le pays ne traverse pas la plus grave crise de son histoire contemporaine ! Loin de moi l'idée de juger Éric Woerth - que j'apprécie notamment pour son humour décapant et sa droiture inviolable - incompétent pour le poste. Bien au contraire. On savait que l'Élysée cherchait depuis plusieurs semaines le moyen de le faire monter en première ligne dans le dossier des retraites. C'est dorénavant chose faite.

Ainsi va la politique. Darcos est bien mal récompensé de s'être engagé dans une région où il n'avait aucune chance de l'emporter. Il paye pour tous les autres. Il fallait un bouc émissaire. Dont acte... Pas sur toutefois que ce mini-remaniement, faible par rapport à la force du message envoyé, calme les Français qui sont à mille lieux de ce jeu de chaises musicales chiraco-villepinistes. Bye Bye Xavier, Welcome Éric...
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Edition juin 2017

Code du travail : comment Macron va légiférer par ordonnances

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud dévoilent mardi leur feuille de route pour réformer le Code du travail. Pour ce faire, ils passeront par le système des ordonnances. Un processus qu'Emmanuel Macron a défini juste avant son élection sur France Inter : "L'ordonnance permet de raccourcir le processus parlementaire et d'éviter les navettes parlementaires." Le principe de l'ordonnance ne veut pas dire outrepasser les pouvoirs du Parlement, comme dans le cadre de l'article 49-3 utilisé par Manuel Valls par exemple pour imposer la loi Macron ou la loi Travail. En effet, l'exécutif doit avoir le feu vert du législatif et ce, via un cadre très strict.
 
Des ordonnances estivales pour une ratification à l'automne
 
Le Parlement va autoriser, par le biais d'un projet de loi d'habilitation - annoncée pour le 28 juin en Conseil des ministres -, le gouvernement à légiférer sur un sujet donné et dans un délai fixé. Puis l'Assemblée nationale et le Sénat valideront ou non l'ensemble des ordonnances via un projet de loi de ratification. Dans le temps imparti, Edouard Philippe et Muriel Pénicaud, sa ministre du Travail, devront rédiger leurs ordonnances, les faire valider par le Conseil d'Etat puis les adopter en Conseil des ministres.
 
La semaine dernière sur France 2, le Premier ministre Edouard Philippe a rapidement détaillé son calendrier : "Les ordonnances seront prises avant la fin de l'été. La fin de l'été, c'est le 21 septembre. Donc avant cette date et la reprise de la session parlementaire normale." Après la publication des ordonnances au Journal officiel, la loi de ratification est la véritable étape sensible du processus : l'ordonnance n'acquiert en effet sa valeur législative qu'après l'adoption définitive - et globale - du Parlement.
 
Ce sont donc sur toutes les ordonnances publiées que députés et sénateurs devront se prononcer à l'automne. Il faut donc à Emmanuel Macron et Edouard Philippe une majorité confortable à l'Assemblée nationale et au Sénat - il y a des élections sénatoriales en septembre - pour éviter les mauvaises surprises.
 


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