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La Réunion : Le Préfet ne répond pas sur l’essentiel

Mardi 17 Mars 2009

Le Préfet a fait hier sur Antenne Réunion puis Télé Réunion une déclaration solennelle à deux jours de la grande manifestation. Le Préfet ne répond pas sur l’essentiel : rien sur les minima sociaux, rien pour les jeunes, rien pour les boursiers, aucune réponse pour la Fédération des entreprises réunionnaises et les Chambres consulaires. C’est une opération de communication gros doigt à deux jours de la grande manif, ce n’est pas une première à La Réunion.


La Réunion : Le Préfet ne répond pas sur l’essentiel
« Madame et Monsieur, les prix de 130 produits vont baisser (…) l’État et les entreprises vont augmenter votre salaire de 150 euros, (…) si vous travaillez dans une collectivité, l’État abondera votre salaire de 100 euros », et les collectivité pourront participer à l’augmentation du salaire. « Madame et Monsieur, voilà ce qui va changer dans votre vie (…) Quand ? Dès que l’accord sera signé ». C’est en substance une partie de la déclaration du Préfet dite dans les mêmes termes hier soir dans le journal télévisé d’Antenne Réunion, puis dans celui de Télé Réunion. Il a conclu cette déclaration en se disant prêt à sortir son stylo et en invitant les partenaires des négociations à venir aujourd’hui à 15 heures discuter à la préfecture.

À 48 heures des grandes manifestations annoncées à Saint-Denis et à Saint-Pierre, le Préfet s’est livré hier soir à une grosse opération de communication. Il a contourné le COSPAR et s’est adressé directement à la population, en tentant de "vendre" aux Réunionnais une solution qui a réussi à faire la quasi-unanimité contre elle au moment de sa présentation jeudi dernier.
Tout d’abord, il est à noter qu’il appartient au COSPAR de discuter de ses revendications. En intervenant, le Préfet tente de récupérer une bataille dont il n’est en rien l’initiateur. Le COSPAR n’a pas encore obtenu satisfaction sur ses revendications, et le Préfet s’arroge le droit de parler de la sorte. Il n’est plus l’arbitre des négociations.

Tous les Réunionnais ont pu constater que le Préfet n’apporte aucune réponse sur l’essentiel. Le COSPAR regroupe une quarantaine d’organisations syndicales, politiques et associatives autour d’une plateforme de 62 revendications. Les 5 et 10 mars derniers, la population a manifesté pour valider massivement la plateforme du COSPAR.
Face à la mobilisation, le Préfet a de nouveau amené des propositions, mais elles ne répondent pas aux revendications du COSPAR dans le domaine des compétences de l’État, notamment les minima sociaux. Pour tenter de répondre à la demande d’augmenter les salaires, l’État détourne les crédits du RSA destinés aux pauvres pour soulager les entreprises. Cette attitude avait un objectif : diviser la population et le COSPAR. Mais ce plan a échoué.
Que fait alors le Préfet ? À 48 heures des grandes manifestations, le représentant de l’État tente une opération de communication, contourne le COSPAR et s’adresse directement à la population.

Des réponses partielles

Mais hier une nouvelle fois, le Préfet n’a apporté aucune réponse sur plusieurs revendications essentielles. Il n’y a absolument rien concernant les jeunes, rien pour les étudiants boursiers, rien pour les allocataires de minima sociaux pour qui le COSPAR revendique une hausse de 200 euros, rien pour les petites retraites, rien pour répondre aux objections des représentants de 95% des entreprises réunionnaises qui affirment qu’il est impossible qu’ils augmentent les salaires de 50 euros. Le Préfet ne dit mot sur la pérennité du dispositif proposé pour financer la part de l’État dans la hausse des salaires. Qu’adviendra-t-il au bout de trois ans ?
En faisant mine de sortir son stylo, le Préfet montre son exaspération mais surtout qu’il n’a pas de réponse globale aux revendications, il n’a que des réponses partielles qui divisent la population. Les Réunionnais connaissent ce type de procédé.
Depuis dimanche, quatre groupes de travail composés des partenaires de la négociation, c’est-à-dire le COSPAR et les entreprises, oeuvrent pour aboutir à la présentation demain de propositions capables de déboucher sur un accord global, seule solution de sortir de la crise par le haut.
Et c’est regroupés autour de revendications essentielles que les Réunionnais seront nombreux à participer jeudi aux deux défilés de Saint-Denis et de Saint-Pierre pour aller vers un accord global pour l’intérêt de toute la population.

www.temoignages.re
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Edition juin 2017

Code du travail : comment Macron va légiférer par ordonnances

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud dévoilent mardi leur feuille de route pour réformer le Code du travail. Pour ce faire, ils passeront par le système des ordonnances. Un processus qu'Emmanuel Macron a défini juste avant son élection sur France Inter : "L'ordonnance permet de raccourcir le processus parlementaire et d'éviter les navettes parlementaires." Le principe de l'ordonnance ne veut pas dire outrepasser les pouvoirs du Parlement, comme dans le cadre de l'article 49-3 utilisé par Manuel Valls par exemple pour imposer la loi Macron ou la loi Travail. En effet, l'exécutif doit avoir le feu vert du législatif et ce, via un cadre très strict.
 
Des ordonnances estivales pour une ratification à l'automne
 
Le Parlement va autoriser, par le biais d'un projet de loi d'habilitation - annoncée pour le 28 juin en Conseil des ministres -, le gouvernement à légiférer sur un sujet donné et dans un délai fixé. Puis l'Assemblée nationale et le Sénat valideront ou non l'ensemble des ordonnances via un projet de loi de ratification. Dans le temps imparti, Edouard Philippe et Muriel Pénicaud, sa ministre du Travail, devront rédiger leurs ordonnances, les faire valider par le Conseil d'Etat puis les adopter en Conseil des ministres.
 
La semaine dernière sur France 2, le Premier ministre Edouard Philippe a rapidement détaillé son calendrier : "Les ordonnances seront prises avant la fin de l'été. La fin de l'été, c'est le 21 septembre. Donc avant cette date et la reprise de la session parlementaire normale." Après la publication des ordonnances au Journal officiel, la loi de ratification est la véritable étape sensible du processus : l'ordonnance n'acquiert en effet sa valeur législative qu'après l'adoption définitive - et globale - du Parlement.
 
Ce sont donc sur toutes les ordonnances publiées que députés et sénateurs devront se prononcer à l'automne. Il faut donc à Emmanuel Macron et Edouard Philippe une majorité confortable à l'Assemblée nationale et au Sénat - il y a des élections sénatoriales en septembre - pour éviter les mauvaises surprises.
 


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