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"Tout le monde est concerné !"

Mercredi 28 Avril 2010

Retraites, salaires, manifestations du 1er mai… François Chérèque, secrétaire général de la CFDT a chaté avec les metronautes.


"Tout le monde est concerné !"
Bonjour à toutes et à tous et je suis heureux de passer un moment d'échange avec vous.

Anna : En 2009, 8 organisations syndicales appelaient à manifester. Pensez-vous qu'il y aura cette année la même unité. L'enjeu est de taille si vous voulez faire pression sur le gouvernement, non ?
Le 1er mai, 5 organisations syndicales appellent à manifester dans 200 villes en France, malheureusement 3 syndicats seront absents. La réussite de cette journée de manifestation sera décisive pour la suite. Rendez-vous samedi.

Pepita : Pourquoi ne pas aligner le privé sur le public car il y a trop de différence en ce qui concerne le montant du calcul de la retraite. Pourquoi ne pas déplafonner le plafond sécurité sociale ?
Derrière ce qui apparait comme un avantage se cache un désavantage… Les retraites des fonctionnaires se calculent sur leur salaire sans les primes qui représentent près de 30 % en moyenne. Aligner les uns sur les autres couterait trop cher à l'état donc au contribuable.

Il est anormal et injuste que les revenus du capital donc de la Bourse soit taxés 3 fois moins que ceux du travail.

Fredo : Pourquoi FO et la CFTC n'ont-elles pas participé hier soir à la grande réunion de préparation du 1 mai ?
Je le regrette mais ces organisations ont déserté l'intersyndicale depuis plusieurs mois en prenant le risque d'affaiblir la mobilisation du 1er mai.

Jl : Jusqu'où êtes vous prêt à aller dans la négociation concernant le régime de retraite des fonctionnaires ? Comment prendre en compte avec effet rétroactif les primes perçues par les fonctionnaires tout au long de leur carrière ? 40% de mes revenus proviennent des primes.
La CFDT est attachée au calcul des retraites des fonctionnaires sur le salaire des 6 derniers mois hors prime. C'est sur les autres aspects que la négociation doit avoir lieu comme pour le privé.

Slim : Quelles solutions pour les chômeurs en fin de droits ?
Les chômeurs en fin de droits vont pouvoir bénéficier d'une allocation exceptionnelle quelque soit les revenus de la famille. Des formations et des stages en entreprise sont prévus, grâce à la CFDT aucun chômeur en fin de droits ne restera sans ressource, ce qui est une première en France.

Cheminot : 15 jours de grève à la SNCF, vous trouvez ça utile ? Vous suivez Sud sur le coup ?
La CFDT n'a pas participé à cette grève parce que nous avions négocié et obtenu un accord sur les salaires et l'emploi. Cette grève qui n'a rien apporté de plus a donc été inutile.

Lila : Ca ne serait pas plus efficace de vous accorder sur une stratégie commune avec Bernard Thibaut et la CGT pour la réforme des retraites ?
A ce jour la CFDT et la CGT sont dans une stratégie intersyndicale commune au delà de divergences qui peuvent exister, c'est pour cette raison que nous seront dans la rue ensemble le 1er mai.

Slim : Je ne comprends pas ce qui vous scandalise dans le fait que les entreprises aient recours aux heures supplémentaires en période de crise ?
De nombreuses entreprises qui ont licencié des salariés ces derniers mois ont maintenant recours aux heures supplémentaires et refusent d'embaucher. Pour moi c'est injuste et cela accroit le nombre d'exclus.

Jl : Retraite parlementaire : dans un souci de justice, dans la négociation, comment comptez-vous traiter le régime particulier des parlementaires, en particulier le niveau de cotisation et surtout sa durée pour pouvoir percevoir une pension ? Les cartes vont-elles être mises sur la table ?
Ce sujet ne sera pas traité par les syndicats. C'est aux parlementaires qui voteront la loi sur les retraites de s'appliquer à eux les efforts qu'ils décideront pour les autres. C'est une question de justice.

Kev37 : Vous attendez quoi du sommet pour l'emploi qui se tiendra en mai à l'Élysée ?
La CFDT attend la reconduction de mesures obtenues l'année dernière : le chômage partiel et de la formation plutôt que des licenciements, des aides pour le pouvoir d'achat, des réductions d'impôts et des primes pour les plus modestes, une révision de la loi sur les heures supplémentaires. Tout cela financé par la suppression du bouclier fiscal.

Raslebol : Trop de grève tue la grève, franchement ras le bol de voir toujours les mêmes privilégiés défilés... mais par exemple qui défend les caissières, les femmes de ménage qui jonglent avec des horaires pourris, les travailleurs sans papiers ?
La CFDT est dans un mouvement intersyndical pour la défense des salariés des magasins et contre le travail du dimanche. Nous organisons ces dernières semaines des actions dans les commerces en particulier chez Carrefour et Auchan. De la même façon nous agissons de concert avec d'autres pour la régularisation des travailleurs sans papier.

Pol96 : Vous êtes aussi solidaire avec les céréaliers ?
Chez les céréaliers, il y aussi de grandes différences de revenus en fonction de la taille de l'exploitation. Comme pour les salariés certains sont en grandes difficultés et c'est ceux là qu'il faut aider.

Cognacé : Les gens qui bénéficient de 1900 euros d'allocations, pourquoi ne cotisent-ils pas pour le régime de retraite ? Pourquoi ne pas payer des impôts, alors que des agents qui travaillent à ce même tarif, règlent leurs impôts ?
Tout dépend le type d'allocation si ce sont des allocations chômage, ils payent des impôts comme les autres.

Oscar : Ce 1 er mai vous le voyez comment ? Vous ne pensez pas que les gens sont désabusés ? Vous envisagez quoi concrètement pour la sortie de crise ?
J'espère que le 1er mai sera réussi. C'est important pour obtenir de nouvelles mesures lors du sommet social du 10 mai prochain et exiger une réforme juste pour les retraites. Profitons que nous serons un jour férié qui plus est un samedi pour venir nombreux et en famille parce que tout le monde est concerné!

Sop : Comment on fait pour financer la répartition ?
La solidarité doit être financée dans notre pays par tous les revenus, il est anormal et injuste que les revenus du capital donc de la Bourse soit taxés 3 fois moins que ceux du travail.

Sop : C'est quoi vos idées pour sortir de la crise ?
J'ai répondu à kev37 sur les mesures que la CFDT veut obtenir au sommet social du 10 mai. Il faut aussi investir dans les métiers de l'avenir pour maintenir une industrie forte en France, réguler la finance mondiale pour éviter une nouvelle crise financière...

Poutch : Vous n'excluez pas la possibilité d'allonger la durée de cotisation, vous comptez travailler jusqu'à 75 ans ?
Ce débat sur l'allongement de la durée de cotisation aura lieu à notre prochain congrès CFDT le 9 juin mais ce sujet ne peut être débattu en dehors d'une réforme globale qui prend en compte la situation des emplois pénibles et de ceux qui ont commencé à travailler très jeune.

Apple : Si on vous comprend bien la seule solution pour sauver le système des retraites, c'est la taxation du capital ?
Je viens d'expliquer à poutch que d'autres sujets peuvent être débattus y compris le niveau de cotisation des salariés.

Ricofo : Après le 1er Mai, on fixe de nouveau une nouvelle ballade ? Et le gouvernement rigole ! Allons à l'essentiel, grève générale reconductible jusqu'a satisfaction des revendications. Estes vous d'accord?
On verra après le 1er mai, la priorité aujourd'hui est de réussir les manifs de samedi. Si on n'y arrive pas, comment imaginer qu'une grève sera plus réussi.

Merci à toutes et à tous. A samedi dans les manifs. Amitiés. François Chérèque.

Photo : Patrick Gaillardin
Marie Morizot
Metrofrance.com
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Edition juin 2017

Code du travail : comment Macron va légiférer par ordonnances

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud dévoilent mardi leur feuille de route pour réformer le Code du travail. Pour ce faire, ils passeront par le système des ordonnances. Un processus qu'Emmanuel Macron a défini juste avant son élection sur France Inter : "L'ordonnance permet de raccourcir le processus parlementaire et d'éviter les navettes parlementaires." Le principe de l'ordonnance ne veut pas dire outrepasser les pouvoirs du Parlement, comme dans le cadre de l'article 49-3 utilisé par Manuel Valls par exemple pour imposer la loi Macron ou la loi Travail. En effet, l'exécutif doit avoir le feu vert du législatif et ce, via un cadre très strict.
 
Des ordonnances estivales pour une ratification à l'automne
 
Le Parlement va autoriser, par le biais d'un projet de loi d'habilitation - annoncée pour le 28 juin en Conseil des ministres -, le gouvernement à légiférer sur un sujet donné et dans un délai fixé. Puis l'Assemblée nationale et le Sénat valideront ou non l'ensemble des ordonnances via un projet de loi de ratification. Dans le temps imparti, Edouard Philippe et Muriel Pénicaud, sa ministre du Travail, devront rédiger leurs ordonnances, les faire valider par le Conseil d'Etat puis les adopter en Conseil des ministres.
 
La semaine dernière sur France 2, le Premier ministre Edouard Philippe a rapidement détaillé son calendrier : "Les ordonnances seront prises avant la fin de l'été. La fin de l'été, c'est le 21 septembre. Donc avant cette date et la reprise de la session parlementaire normale." Après la publication des ordonnances au Journal officiel, la loi de ratification est la véritable étape sensible du processus : l'ordonnance n'acquiert en effet sa valeur législative qu'après l'adoption définitive - et globale - du Parlement.
 
Ce sont donc sur toutes les ordonnances publiées que députés et sénateurs devront se prononcer à l'automne. Il faut donc à Emmanuel Macron et Edouard Philippe une majorité confortable à l'Assemblée nationale et au Sénat - il y a des élections sénatoriales en septembre - pour éviter les mauvaises surprises.
 


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