Intéressement 2026 : levier stratégique de partage de la valeur ou simple prime collective ?


Rédigé le Samedi 14 Février 2026 à 10:13 | Lu 16 fois | 0 commentaire(s) modifié le Samedi 14 Février 2026 10:26


Depuis la loi du 29 novembre 2023 relative au partage de la valeur, l’intéressement n’est plus un simple outil facultatif réservé aux grandes entreprises. Il devient un instrument structurant de politique sociale, notamment pour les PME.

Pour les élus du CSE comme pour les directions, la question n’est plus : faut-il mettre en place un intéressement ?
Mais : comment le construire pour qu’il serve réellement la stratégie de l’entreprise et l’équilibre du dialogue social ?


1. Le cadre juridique de l’intéressement

L’intéressement est un dispositif d’épargne salariale prévu aux articles L.3311-1 et suivants du Code du travail.

Il repose sur quatre principes fondamentaux :

📌 Caractère collectif

📌 Caractère aléatoire

📌 Formule de calcul objective et vérifiable

📌 Mise en place par accord

Il peut être instauré :

Par accord collectif avec les organisations syndicales

Par accord conclu avec le CSE

Par ratification des 2/3 des salariés

Par décision unilatérale dans certains cas spécifiques

Sa durée est comprise entre 1 et 5 ans.


2. Une actualité majeure : la loi partage de la valeur

Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur lorsqu’elles réalisent un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % du chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs.

Elles peuvent choisir entre :

Intéressement

Participation

Prime de partage de la valeur

Abondement sur plan d’épargne

Ce changement marque un tournant : le partage de la valeur devient un sujet structurel pour les PME.


3. Comment se calcule l’intéressement ?

La formule peut être liée à :

Le résultat net

La marge opérationnelle

Le chiffre d’affaires

Des indicateurs de productivité

Des indicateurs QVCT

Des indicateurs environnementaux

La formule ne peut pas garantir un montant fixe.
Elle doit conserver un caractère aléatoire.
Plafonds 2026

Plafond global : 20 % de la masse salariale brute

Plafond individuel : 75 % du PASS


4. Régime fiscal et social

Pour l’entreprise

Exonération de cotisations sociales (hors CSG-CRDS)

Déductibilité fiscale

Suppression du forfait social dans les entreprises de moins de 250 salariés Pour le salarié

Deux options :

Versement immédiat → soumis à l’impôt sur le revenu

Placement sur PEE ou PER → exonération d’impôt (hors CSG-CRDS)


5. Intéressement, participation ou PPV : ne pas confondre

Dispositif                     Caractère                                            Obligation                             Fiscalité salarié                                    Intéressement Facultatif Non (sauf loi PME) Exonéré si placé Participation Obligatoire dès 50 salariés Oui Exonéré si bloqué PPV Facultatif Non Régime variable selon revenu

L’intéressement est le seul dispositif permettant une véritable ingénierie stratégique sur mesure.

6. Le rôle du CSE : vigilance et stratégie

Le CSE doit :

Vérifier la cohérence des indicateurs

Analyser l’impact sur la politique salariale

S’assurer de la transparence des données

Évaluer les effets à moyen terme

Un intéressement mal calibré peut :

Créer des inégalités perçues

Encourager le court-termisme

Se substituer aux augmentations générales


7. Intéressement et gouvernance sociale moderne

Un dispositif performant doit :

✔ Être aligné avec la stratégie économique
✔ Intégrer des indicateurs sociaux
✔ S’inscrire dans une logique de performance durable
✔ Être compris par les salariés

Un intéressement stratégique devient :

Un levier d’engagement

Un outil d’attractivité

Un marqueur de maturité RH

Un instrument d’équilibre du dialogue social


8. Les erreurs les plus fréquentes

Copier un modèle standard sans analyse stratégique

Choisir des indicateurs trop complexes

Négliger la pédagogie interne

Ne pas anticiper la fin de l’accord

Confondre intéressement et politique salariale


9. Quelle stratégie pour 2026 ?

Les entreprises qui réussiront seront celles qui intégreront l’intéressement :

Dans leur BDESE

Dans leur politique QVCT

Dans leur projet social

Dans leur stratégie d’attractivité

Il ne s’agit plus d’un simple outil financier. Il devient un instrument de gouvernance.


Conclusion

L’intéressement peut être un puissant outil de partage de la valeur.
Mais sans vision stratégique, il reste une prime collective déconnectée du projet d’entreprise.

En 2026, la question centrale ne sera plus juridique.
Elle sera politique et stratégique : quelle place donnons-nous réellement au partage de la valeur dans notre modèle social ?


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Le partage de la valeur ne se décrète pas. Il se structure.



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