Nouvelles règles des congés payés : ce que les élus du CSE doivent absolument maîtriser


Rédigé le Vendredi 13 Février 2026 à 12:03 | Lu 20 fois | 0 commentaire(s) modifié le Vendredi 13 Février 2026 12:16


Congés payés, arrêts maladie et rôle stratégique du CSE

Les règles relatives aux congés payés ont profondément évolué à la suite des décisions de la Cour de cassation et de la mise en conformité du droit français avec le droit européen. Acquisition de congés pendant un arrêt maladie, délai de report, prescription : ces changements bouleversent les pratiques RH et interrogent directement le rôle du CSE. Pour les élus, il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique, mais d’un sujet structurant pour le dialogue social, la prévention et la sécurité juridique.


1. Pourquoi les règles ont changé

Le droit français limitait jusqu’ici l’acquisition de congés payés pendant certaines périodes d’arrêt maladie. Or, la Cour de justice de l’Union européenne puis la Cour de cassation ont rappelé un principe clair : le droit au congé annuel payé constitue un droit fondamental.

Conséquence :
les salariés en arrêt maladie, y compris d’origine non professionnelle, acquièrent désormais des congés payés pendant leur période d’absence.

Le législateur a dû adapter le Code du travail pour sécuriser les entreprises et encadrer :

le volume de congés acquis,

le délai de report,

la prescription des droits.


2. Acquisition des congés pendant l’arrêt maladie : ce que dit désormais le droit

✔️ Principe général

Un salarié en arrêt maladie continue d’acquérir des congés payés.
✔️ Distinction selon l’origine de l’arrêt

Maladie non professionnelle : acquisition limitée (2 jours ouvrables par mois dans la limite de 24 jours par période de référence).

Accident du travail ou maladie professionnelle : acquisition complète, comme pour un salarié en activité.

👉 Pour le CSE, cette distinction est essentielle dans l’analyse des données sociales et des contentieux potentiels.


3. Le délai de report : un enjeu central

L’un des points les plus sensibles concerne le report des congés non pris en raison d’un arrêt maladie.

Le nouveau cadre prévoit un délai de report de 15 mois, à compter de l’information donnée par l’employeur au salarié sur ses droits.

Cela signifie que :

l’employeur doit informer formellement le salarié de ses droits à congés,

le délai de report ne court qu’à partir de cette information.

👉 En pratique, beaucoup d’entreprises ne sont pas encore conformes sur ce point.


4. Prescription et risques contentieux

Autre point majeur : la prescription.

La Cour de cassation a rappelé que le délai de prescription de trois ans ne peut courir que si le salarié a été mis en mesure d’exercer effectivement son droit à congé.

Autrement dit :
si l’employeur ne démontre pas qu’il a informé le salarié et organisé la prise des congés, la prescription peut être neutralisée.

⚠️ Pour les entreprises, le risque financier peut être significatif.
⚠️ Pour les élus, c’est un sujet d’alerte et de vigilance.


5. Quel rôle pour le CSE ?

Les nouvelles règles sur les congés payés ne relèvent pas seulement de la gestion administrative. Elles ont des impacts directs sur :

l’organisation du travail,

la planification des équipes,

la charge de travail,

l’absentéisme,

la prévention des risques psychosociaux. Le CSE doit :

✔️ Demander des données actualisées sur les congés acquis et reportés
✔️ Vérifier la conformité des pratiques d’information des salariés
✔️ Analyser l’impact sur les effectifs et la planification
✔️ Anticiper les tensions liées aux départs simultanés
✔️ Inscrire le sujet dans la consultation sur la politique sociale


6. Congés payés et QVCT : un lien direct

Le droit au congé n’est pas seulement un droit patrimonial.
Il participe à la récupération physique et mentale.

Une mauvaise gestion des reports peut entraîner :

surcharge ponctuelle,

tensions dans les équipes,

difficulté à poser ses congés,

sentiment d’iniquité.

Dans une logique QVCT, les congés payés doivent être intégrés dans une approche globale de prévention.


7. Ce que les élus doivent faire dès maintenant

Vérifier si l’accord d’entreprise ou les pratiques internes sont à jour

Interroger la direction sur le dispositif d’information des salariés

Demander une cartographie des congés reportés

Évaluer les impacts organisationnels

Se former pour sécuriser juridiquement les analyses


Pourquoi se faire accompagner ?

Les nouvelles règles sont techniques.
Mais leurs conséquences sont stratégiques.

Un CSE bien accompagné peut :

prévenir les contentieux,

sécuriser les droits des salariés,

anticiper les déséquilibres organisationnels,

renforcer sa crédibilité dans le dialogue social.

Les experts d’Instant-CE accompagnent les élus sur :

la lecture juridique des nouvelles règles,

l’analyse des impacts RH,

la structuration des questions en réunion,

la mise en cohérence avec la QVCT et les obligations de prévention.


Conclusion

Les nouvelles règles sur les congés payés ne sont pas une simple réforme technique.
Elles traduisent un rééquilibrage fondamental entre performance économique et protection de la santé.

Pour les élus du CSE, c’est une opportunité : celle de replacer le temps de repos au cœur du dialogue social.



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