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Le travail, c'est la santé - en direct du Canada

Mardi 8 Avril 2008

Si notre travail a du sens, on a plus de chances d'être en bonne santé psychologique que s'il n'a pas de sens.


Le travail, c'est la santé - en direct du Canada
Cette affirmation tombe sous le sens, direz-vous. Elle n'est que bon sens, ajouterez-vous. Mais qu'est-ce que le travail et qu'est-ce qui lui donne un sens? Ces questions sont plus complexes qu'il n'y paraît.

Le samedi 29 mars, dans La Presse, Pierre Foglia racontait sa rencontre avec des ouvriers et cadres de la Belgo, l'usine de la papetière AbitibiBowater qui a fermé ses portes récemment à Shawinigan.

«Au total, 550 emplois perdus. Les meilleurs emplois de la ville», soulignait-il. Ce passage a été publié en exergue.

«Ces ouvriers qui viennent de perdre leur travail parlaient du bonheur de travailler. Entendez-moi bien: pas du bonheur de gagner 60 000$ par année, même si ça aide grandement à aimer sa job. Pas du bonheur d'avoir une job qui, si souvent, n'est que du non-malheur. Non. Du bonheur de travailler.»

Il était immédiatement suivi par ces mots. «Ce bonheur est si rare. Ce bonheur de boulanger qui fait son pain. C'est la dernière chose que je m'attendais à trouver chez les papetiers. Je les imaginais plutôt abrutis de chaleur et de bruit aux commandes de monstres d'acier de cinq étages.»

Une découverte

Estelle Morin, professeur au Service de l'enseignement du management à HEC Montréal, a rencontré des ouvriers de la Belgo il y a quelques années.

Elle «s'attendait», comme Pierre Foglia, à rencontrer des êtres désabusés. Comme lui, elle a découvert des gens heureux de travailler.

D'une certaine manière, Estelle Morin allait aussi en reportage à Shawinigan. Elle voulait mieux comprendre pourquoi des gens sont heureux en faisant des tâches qui, aux yeux des autres, semblent si peu intéressantes.

À la Belgo, elle a observé que le travail comblait ces ouvriers parce qu'il avait un sens pour eux. Ce sens était principalement lié à leurs relations humaines à l'usine.

Le travail, c'est la santé - en direct du Canada
Sens et travail

Qu'est-ce que le travail et qu'est-ce qui lui donne un sens? Ces questions obsèdent Estelle Morin depuis plus de 15 ans, comme universitaire et la hantaient bien avant, alors qu'elle était psychologue clinicienne.

«Pendant la vague de restructuration et de rationalisation des années 1990, j'ai rencontré plusieurs cadres en très mauvais état psychologique qui me disait que leur travail n'avait plus de sens", raconte celle qui est également la fondatrice du Centre de recherche et d'intervention pour le travail, l'efficacité organisationnelle et la santé (CRITEOS). Alors qu'ils arrivaient sans mal à identifier ce qui n'avait pas de sens, ils avaient peine à mettre le doigt sur les ingrédients contraires. Elle s'est lancée à leur recherche.»

«Les caractéristiques qui donnent un sens au travail sont l'utilité et la rectitude morale du travail, les occasions d'apprentissage et de développement, l'autonomie, la reconnaissance et la qualité des relations», résume-t-elle.

«C'est clair que les caractéristiques du travail lui-même et son organisation influencent son sens, mais c'est aussi la personne qui le fait qui va lui attribuer un sens. Quand quelqu'un trouve que son travail n'a pas de sens, sa santé psychologique en souffre», poursuit-elle.

Elle vient d'en faire la démonstration dans l'étude Sens du travail, santé mentale et engagement organisationnel.

Cette recherche, financée et publiée par l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST), a été menée en collaboration avec Francisco Aranha, de l'École d'administration d'État de Sao Paulo, au Brésil.

Sens et santé

Pour cette étude, quelque 1500 cadres et travailleurs de quatre organisations québécoises ont complété une série de questionnaires portant entre autres sur les représentations du travail, la charge de travail, la perception de justice, les relations avec le supérieur immédiat.

Deux des organisations étaient dans le domaine de la santé et des services sociaux. Les deux autres étaient un centre de recherche et une firme d'ingénierie.

Résultats? «Dans le même milieu de travail, il n'y a pas unanimité sur l'évaluation et la perception du sens et le non sens au travail. Des problèmes de gestion peuvent amener des gens pour qui leur travail a du sens à trouver qu'il n'en a plus», résume-t-elle.

Dans une organisation, l'étude a identifié un sentiment d'injustice organisationnel chez plusieurs participants.

«Ils croyaient que leurs collègues ne travaillaient pas quand ils arrivaient au bureau plus tard qu'eux. C'était une perception qui s'est corrigée par une meilleure communication», donne-t-elle en exemple.

Selon Estelle Morin, les gestionnaires doivent non seulement veiller à améliorer l'organisation du travail, ils doivent être tout autant attentifs aux réactions et comportements de chacun de leurs membres devant les mêmes attentes.

«En dépit de tous les efforts, il y aura toujours des gens pour qui leur travail n'aura pas de sens. Dans le recrutement et les promotions, il faut s'assurer que les gens aient de l'intérêt pour leurs tâches», dit-elle.
lapresseaffaires.com
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Edition juin 2017

Code du travail : comment Macron va légiférer par ordonnances

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud dévoilent mardi leur feuille de route pour réformer le Code du travail. Pour ce faire, ils passeront par le système des ordonnances. Un processus qu'Emmanuel Macron a défini juste avant son élection sur France Inter : "L'ordonnance permet de raccourcir le processus parlementaire et d'éviter les navettes parlementaires." Le principe de l'ordonnance ne veut pas dire outrepasser les pouvoirs du Parlement, comme dans le cadre de l'article 49-3 utilisé par Manuel Valls par exemple pour imposer la loi Macron ou la loi Travail. En effet, l'exécutif doit avoir le feu vert du législatif et ce, via un cadre très strict.
 
Des ordonnances estivales pour une ratification à l'automne
 
Le Parlement va autoriser, par le biais d'un projet de loi d'habilitation - annoncée pour le 28 juin en Conseil des ministres -, le gouvernement à légiférer sur un sujet donné et dans un délai fixé. Puis l'Assemblée nationale et le Sénat valideront ou non l'ensemble des ordonnances via un projet de loi de ratification. Dans le temps imparti, Edouard Philippe et Muriel Pénicaud, sa ministre du Travail, devront rédiger leurs ordonnances, les faire valider par le Conseil d'Etat puis les adopter en Conseil des ministres.
 
La semaine dernière sur France 2, le Premier ministre Edouard Philippe a rapidement détaillé son calendrier : "Les ordonnances seront prises avant la fin de l'été. La fin de l'été, c'est le 21 septembre. Donc avant cette date et la reprise de la session parlementaire normale." Après la publication des ordonnances au Journal officiel, la loi de ratification est la véritable étape sensible du processus : l'ordonnance n'acquiert en effet sa valeur législative qu'après l'adoption définitive - et globale - du Parlement.
 
Ce sont donc sur toutes les ordonnances publiées que députés et sénateurs devront se prononcer à l'automne. Il faut donc à Emmanuel Macron et Edouard Philippe une majorité confortable à l'Assemblée nationale et au Sénat - il y a des élections sénatoriales en septembre - pour éviter les mauvaises surprises.
 


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