Santé mentale au travail : transformer la prévention en dialogue social

Conférences, masterclass et dialogue social : comment une entreprise technologique a sensibilisé l’ensemble de ses salariés aux risques psychosociaux et renforcé son plan de prévention du DUERP.

Rédigé le Mercredi 13 Mai 2026 à 05:31 | Lu 30 fois modifié le Mercredi 13 Mai 2026 05:48


Et si la prévention des risques psychosociaux ne se limitait plus à une obligation réglementaire ? Dans une grande entreprise technologique internationale, le CSE a choisi de faire de la santé mentale au travail un véritable sujet de dialogue collectif. Conférences, masterclass et espaces d’échange ont permis de sensibiliser les salariés, de libérer la parole et d’alimenter concrètement le plan d’action du DUERP à partir des réalités du terrain.


Burn-out, isolement, tensions relationnelles, surcharge cognitive, hyperconnexion…

Santé mentale au travail : transformer la prévention en dialogue social

Dans les grandes entreprises technologiques, la santé mentale au travail est devenue un enjeu central du dialogue social et de la prévention des risques professionnels.

Face à ces transformations profondes du travail, une entreprise internationale du secteur des technologies numériques — membre des grandes entreprises mondiales du numérique — a choisi de déployer avec Instant-CSE une démarche innovante de sensibilisation autour des risques psychosociaux (RPS) et de la santé mentale au travail.

L’objectif : dépasser les obligations réglementaires pour construire une véritable culture commune de prévention.


Développer une culture commune autour de la santé mentale

Dans cette entreprise, les élus du CSE faisaient le constat d’une montée des interrogations des salariés autour :
de la charge mentale ; des difficultés de déconnexion ; des tensions dans les collectifs hybrides ; des transformations permanentes des organisations ; et du sentiment d’isolement de certains collaborateurs.

Les représentants du personnel souhaitaient sortir d’une logique exclusivement réactive pour mettre en place une action de prévention visible, accessible et ouverte à tous les salariés.

C’est dans ce contexte qu’Instant-CSE a proposé une démarche articulée autour :
d’une journée de conférence portée par le CSE ; et d’un cycle de masterclass en distanciel accessibles à l’ensemble des collaborateurs.


Une conférence pour libérer la parole

Le premier temps fort a pris la forme d’une journée de sensibilisation organisée dans les locaux de l’entreprise avec retransmission en direct pour les équipes situées sur différents sites.

Plusieurs thématiques ont été abordées :
comprendre les risques psychosociaux ; identifier les signaux faibles ; prévenir l’épuisement professionnel ; comprendre les mécanismes du harcèlement moral ; mieux communiquer dans les situations de tension ; et réfléchir collectivement à la place du travail dans l’équilibre psychique.

L’objectif n’était pas seulement d’informer, mais de permettre aux salariés de se reconnaître dans des situations concrètes et de légitimer la parole autour de la santé mentale.


Des masterclass pour inscrire la prévention dans la durée

Après cette première journée, l’entreprise a souhaité prolonger la dynamique par des masterclass thématiques organisées à distance.

Ce format plus court — une heure d’intervention suivie d’un temps d’échange — a permis :
une participation plus importante des équipes ; une meilleure accessibilité pour les salariés en télétravail ; et une appropriation progressive des sujets liés à la santé mentale.

Les sessions ont notamment porté sur :
la fatigue cognitive ; la charge émotionnelle ; les effets de l’hyperconnexion ; la gestion des tensions relationnelles ; et les mécanismes d’alerte psychologique.


« Les salariés ont commencé à parler différemment du travail »

Pour les élus du CSE, cette démarche a profondément modifié la manière dont les salariés abordaient les questions de santé mentale.

« Nous avons observé un changement important dans les échanges avec les salariés.
Les collaborateurs ont commencé à parler différemment du travail, de la fatigue, des difficultés relationnelles ou de la pression ressentie.
Les conférences et les masterclass ont permis de rendre ces sujets légitimes dans l’entreprise. »

Témoignage d’un élu CSE d’une entreprise technologique internationale

Les représentants du personnel soulignent également que cette démarche a permis de renforcer le dialogue social en créant un espace de discussion moins conflictuel et davantage centré sur les réalités du travail.


Une démarche directement liée au DUERP

Au-delà de la sensibilisation, cette démarche a également permis d’alimenter le travail de prévention mené dans le cadre du Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).

Pour rappel, l’employeur a l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs conformément à l’article L.4121-1 du Code du travail.

Le DUERP doit ainsi intégrer les risques psychosociaux et prévoir des actions de prévention adaptées aux réalités du travail.

Les échanges issus des conférences et des masterclass ont permis :
d’identifier des situations de tension récurrentes ; de mieux comprendre certains facteurs organisationnels ; d’objectiver les remontées des salariés ; et d’enrichir le plan d’action de prévention associé au DUERP.

Cette démarche illustre une évolution importante des pratiques de prévention : passer d’une logique documentaire à une prévention vivante, construite à partir du terrain et de la parole des salariés.


Prévenir plutôt que réparer

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises s’interrogent sur leur capacité à prévenir durablement les risques psychosociaux.

Les actions ponctuelles de communication ne suffisent plus.
Les salariés attendent des espaces d’échange, des repères et une reconnaissance des difficultés vécues dans le travail réel.

Les conférences et masterclass développées par Instant-CSE s’inscrivent dans cette logique :
sensibiliser ; créer une culture commune ; favoriser la parole ; renforcer le dialogue social ; et accompagner les transformations du travail.

Car la santé mentale ne relève plus uniquement du domaine médical.
Elle devient désormais un enjeu collectif d’organisation du travail, de management et de dialogue social.



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