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Santé psychique au travail en Martinique : détecter les signaux faibles et construire une véritable politique de prévention

Une journée pour repérer les premiers signes de souffrance psychique, agir sur les facteurs de risques psychosociaux et construire une politique de prévention adaptée aux réalités professionnelles de la Martinique.

Rédigé le Mercredi 26 Août 2026 à 16:01 | Lu 3 fois modifié le Mercredi 26 Août 2026 - 16:23


Fatigue persistante, irritabilité, isolement, conflits répétés, erreurs inhabituelles ou augmentation des absences peuvent révéler une fragilisation de la santé psychique liée au travail. Le 19 novembre 2026 en Martinique, INSTANT CSE propose une journée d’étude pour aider élus, employeurs, RH, managers et préventeurs à reconnaître ces signaux faibles, analyser les facteurs de risques psychosociaux et construire une politique de prévention adaptée aux réalités du territoire.

Colloque INSTANT CSE – Jeudi 19 novembre 2026 – Martinique


Prévenir avant que la souffrance ne devienne une pathologie

Dialogue collectif pour prévenir les risques
Dialogue collectif pour prévenir les risques

Fatigue persistante, troubles du sommeil, irritabilité, repli, conflits répétés, perte de sens, augmentation des arrêts, erreurs inhabituelles, désengagement ou conduites à risque : les premières manifestations d’une dégradation de la santé psychique restent souvent interprétées comme des difficultés individuelles.

Elles peuvent pourtant révéler des dysfonctionnements plus profonds : surcharge de travail, sous-effectif, objectifs contradictoires, défaut de reconnaissance, manque d’autonomie, tensions relationnelles, insécurité professionnelle ou exposition répétée à des situations émotionnellement éprouvantes.

Le jeudi 19 novembre 2026, INSTANT CSE organise en Martinique une journée de réflexion et d’action consacrée à la prévention de la santé psychique au travail. Ce colloque réunira élus du CSE, représentants syndicaux, employeurs, responsables RH, managers, professionnels de santé, acteurs de la prévention et responsables des organisations publiques, privées, sanitaires et médico-sociales.

L’objectif est clair : apprendre à détecter les signaux faibles, comprendre leur lien avec le travail et construire une politique de prévention qui ne se limite pas à intervenir lorsqu’un salarié est déjà en situation d’épuisement ou de rupture.


Une rencontre ancrée dans les réalités martiniquaises

La santé psychique au travail doit être abordée à partir des réalités du territoire. La Martinique est confrontée à des tensions économiques et démographiques, à des difficultés de recrutement dans certains métiers, à l’usure des professionnels, à l’éloignement géographique de certaines ressources spécialisées et à des transformations importantes dans les secteurs sanitaire, social et médico-social.

Les données disponibles invitent néanmoins à éviter les généralisations. Selon le Baromètre de Santé publique France 2024, 12,4 % des adultes interrogés en Martinique déclarent avoir connu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois. Les jeunes adultes, les femmes et les personnes en difficulté financière apparaissent plus vulnérables. Santé publique France – Baromètre 2024 en Martinique

Les indicateurs relatifs aux conduites suicidaires appellent également à maintenir une politique active de prévention. En 2024, 344 passages aux urgences pour gestes auto-infligés et 165 hospitalisations ont été recensés en Martinique. Ces hospitalisations ont augmenté de 19 % par rapport à 2023. Ces chiffres concernent l’ensemble de la population et ne peuvent pas être attribués directement au travail, mais ils montrent l’importance du repérage précoce, de l’orientation et de la coordination des acteurs. Santé publique France – Conduites suicidaires en Martinique


Ce que révèle la situation de la psychiatrie en Martinique

Le Centre hospitalier Maurice Despinoy, établissement public départemental de santé mentale de la Martinique, assure des missions de prévention, de diagnostic, de soins, de réadaptation et de réinsertion. Il intervient à partir d’une trentaine de structures d’hospitalisation et de sites extrahospitaliers répartis sur le territoire. Centre hospitalier Maurice Despinoy

Les documents institutionnels accessibles mettent en évidence plusieurs transformations majeures :

  • la structuration d’un établissement public de santé mentale unique ;
  • la recherche d’une meilleure articulation entre psychiatrie, soins somatiques et addictologie ;
  • le renforcement de la gestion de l’urgence et de la crise ;
  • le développement des coopérations avec les secteurs social, médico-social et associatif ;
  • la modernisation de l’offre de proximité, notamment au moyen des centres médico-psychologiques ;
  • la nécessité de renforcer les ressources et les parcours professionnels.

Le projet d’établissement unique doit notamment rapprocher le Centre hospitalier Maurice Despinoy et les activités psychiatriques du CHU de Martinique afin de rendre les parcours plus coordonnés. Cette transformation comprend des dimensions médicales, organisationnelles, sociales, numériques, immobilières et RH. Séminaire relatif au futur EPSM de Martinique

Ces évolutions sont indispensables pour améliorer l’accès aux soins, mais elles peuvent aussi modifier les métiers, les repères professionnels, les collectifs et les conditions d’exercice. Toute transformation importante doit donc être accompagnée d’une démarche de prévention des risques psychosociaux et d’un dialogue structuré avec les professionnels et leurs représentants.

Les données institutionnelles ne doivent toutefois pas être utilisées pour établir un diagnostic à distance de la santé des agents du Centre hospitalier Maurice Despinoy. Elles constituent des éléments de contexte territorial qui devront être complétés par les données sociales propres aux organisations participantes : absentéisme, accidents, turn-over, postes vacants, signalements, enquêtes internes, données du service de prévention et de santé au travail, DUERP et retours des représentants du personnel.


Pourquoi parler de santé psychique plutôt que seulement de santé mentale ?

La santé mentale est une notion large qui concerne l’ensemble de la population. Elle englobe le bien-être, les troubles psychiques, les pathologies psychiatriques et de nombreux déterminants individuels, familiaux, sociaux ou économiques.

La santé psychique au travail conduit à poser une question plus précise : dans quelle mesure le travail, son organisation et ses relations contribuent-ils à protéger ou à fragiliser les personnes ?

Cette approche évite deux écueils :

  • attribuer systématiquement les difficultés du salarié à sa personnalité ou à sa vie privée ;
  • considérer, à l’inverse, que toute souffrance psychique trouve nécessairement son origine dans le travail.

Le rôle de l’employeur, du CSE et des acteurs de la prévention n’est pas de poser un diagnostic médical. Il consiste à repérer les changements, écouter les alertes, analyser les facteurs professionnels et orienter la personne vers les interlocuteurs compétents.


Une responsabilité juridique et organisationnelle

L’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cette obligation comprend des actions de prévention, d’information, de formation ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

Les principes généraux de prévention imposent notamment d’évaluer les risques, de les combattre à la source, d’adapter le travail à la personne et de planifier la prévention en intégrant l’organisation du travail, les conditions de travail et les relations sociales. Articles L.4121-1 et L.4121-2 du Code du travail

Cette logique signifie qu’une politique de santé psychique ne peut pas se résumer à :

  • ouvrir une ligne d’écoute ;
  • proposer ponctuellement une action de bien-être ;
  • orienter les salariés en difficulté vers un psychologue ;
  • former quelques personnes au repérage sans leur donner de procédure d’action ;
  • intervenir uniquement après un arrêt long, une crise ou un conflit ouvert.

Ces mesures peuvent être utiles, mais elles ne remplacent pas la prévention primaire, c’est-à-dire l’action sur les causes professionnelles et organisationnelles des risques.


À qui s’adresse ce colloque ?

Cette rencontre s’adresse notamment :

  • aux membres élus du CSE et des commissions santé, sécurité et conditions de travail ;
  • aux représentants syndicaux ;
  • aux membres des formations spécialisées en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail ;
  • aux dirigeants et employeurs ;
  • aux DRH et responsables RH ;
  • aux managers et cadres de proximité ;
  • aux professionnels des services de prévention et de santé au travail ;
  • aux psychologues du travail, médecins du travail, infirmiers et préventeurs ;
  • aux professionnels des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux ;
  • aux collectivités territoriales et établissements publics ;
  • aux associations et acteurs territoriaux de la santé psychique.

Les objectifs de la journée

À l’issue du colloque, les participants disposeront de repères pour :

  • distinguer santé mentale, santé psychique, souffrance psychique et pathologie ;
  • reconnaître les principaux facteurs de risques psychosociaux ;
  • détecter des signaux individuels, collectifs et organisationnels ;
  • recevoir la parole d’un salarié sans se transformer en soignant ou en enquêteur ;
  • identifier les situations nécessitant une orientation urgente ;
  • articuler les rôles de l’employeur, du CSE, des représentants du personnel, de l’encadrement et des professionnels de santé ;
  • exploiter les indicateurs sociaux sans stigmatiser les personnes ;
  • intégrer les RPS dans le DUERP et le programme annuel de prévention ;
  • passer d’une succession de réponses individuelles à une véritable politique collective ;
  • construire un plan d’action adapté aux réalités martiniquaises.

Programme du colloque

8 h 30 – Accueil des participants

Accueil, présentation de la journée et recueil des principales préoccupations des participants.

9 h – Comprendre la santé psychique au travail

  • Santé mentale et santé psychique : quelles différences ?
  • Souffrance, épuisement, anxiété, dépression et troubles psychiques.
  • Ce qui relève du travail, ce qui relève de la santé et ce qui nécessite une coordination.
  • Les réalités sociales, démographiques et professionnelles de la Martinique.
  • Les enseignements des données territoriales disponibles.

10 h 15 – Détecter les signaux faibles

  • Changements de comportement et ruptures inhabituelles.
  • Fatigue, irritabilité, isolement et perte de confiance.
  • Conflits, erreurs, retards, désengagement et absentéisme.
  • Augmentation de la charge, turn-over, postes vacants et heures supplémentaires.
  • Alertes collectives provenant d’un service ou d’un métier.
  • Risque de banalisation dans les secteurs fortement exposés à la souffrance d’autrui.

11 h 15 – Table ronde : peut-on prévenir sans entrer dans l’intimité des salariés ?

Échanges sur la juste posture des élus, des employeurs, des responsables RH et des managers :

  • écouter sans diagnostiquer ;
  • questionner le travail sans rechercher une faute individuelle ;
  • respecter la confidentialité ;
  • savoir orienter ;
  • organiser une réaction coordonnée.

12 h 30 – Déjeuner et échanges entre participants

14 h – Des signaux faibles aux facteurs de risques psychosociaux

Travail à partir de situations concrètes :

  • surcharge et intensification du travail ;
  • exigences émotionnelles ;
  • manque d’autonomie ;
  • rapports sociaux dégradés ;
  • conflits de valeurs ;
  • insécurité de l’emploi ou du changement ;
  • réorganisations, fusion de structures et perte de repères ;
  • difficultés de recrutement et fonctionnement en effectif réduit ;
  • exposition aux violences internes ou externes.

15 h – Construire un processus interne de prévention et d’orientation

  • Qui reçoit l’alerte ?
  • Comment qualifier la situation ?
  • Comment protéger la personne sans l’isoler ?
  • Quand mobiliser le service de prévention et de santé au travail ?
  • Comment associer le CSE ou la formation spécialisée ?
  • Comment traiter une situation urgente ?
  • Comment préserver la traçabilité et la confidentialité ?
  • Comment organiser le retour et le maintien dans l’emploi ?

16 h – Atelier : construire la politique de prévention de son organisation

Chaque participant pourra travailler sur une trame opérationnelle comprenant :

  • les engagements de la direction ;
  • les indicateurs à suivre ;
  • les acteurs et leurs responsabilités ;
  • le circuit de signalement et d’orientation ;
  • les actions de prévention primaire, secondaire et tertiaire ;
  • l’intégration au DUERP ;
  • les modalités d’évaluation ;
  • le calendrier de mise en œuvre.

17 h – Synthèse et engagements

  • Présentation des principaux enseignements.
  • Identification d’une première action à engager dans chaque organisation.
  • Remise d’une fiche méthodologique.
  • Possibilité de solliciter un entretien de diagnostic avec INSTANT CSE.

Une méthode tournée vers le travail réel

La journée reposera sur une animation assurée par un intervenant spécialisé en santé au travail, prévention des RPS et dialogue social.

Elle alternera :

  • apports juridiques et méthodologiques ;
  • données territoriales ;
  • études de situations ;
  • échanges de pratiques ;
  • atelier collectif ;
  • outils directement mobilisables après le colloque.

L’objectif n’est pas de médicaliser les relations de travail. Il est de permettre aux organisations de reconnaître les facteurs de risque suffisamment tôt et de construire une réponse collective, structurée et durable.


Les outils remis aux participants

Chaque participant recevra :

  • une grille de repérage des signaux faibles ;
  • une cartographie des facteurs de RPS ;
  • une fiche réflexe pour recevoir une alerte ;
  • une matrice de répartition des rôles ;
  • une trame de processus interne d’orientation ;
  • une grille d’indicateurs de santé psychique au travail ;
  • un modèle de plan d’action ;
  • un support pour inscrire la prévention dans le DUERP et le programme annuel.

Informations pratiques

Date : jeudi 19 novembre 2026
Horaires : de 8 h 30 à 17 h
Lieu : Martinique – lieu précis communiqué prochainement
Format : colloque en présentiel
Public : élus, représentants syndicaux, directions, RH, managers, professionnels de santé et acteurs de la prévention
Organisateur : INSTANT CSE
Accessibilité : les participants ayant des besoins particuliers sont invités à les signaler lors de leur inscription.

Faire de la prévention un projet de dialogue social

La détection des signaux faibles n’est que le point de départ. Une organisation protectrice doit être capable de transformer ces alertes en décisions portant sur la charge, les moyens, les relations professionnelles, le management et la reconnaissance du travail.

Ce colloque donnera aux acteurs martiniquais un espace pour croiser leurs expériences, dépasser les réponses uniquement individuelles et construire des politiques de prévention adaptées aux réalités du territoire.

Vous souhaitez participer au colloque, inscrire plusieurs membres de votre CSE ou organiser cette intervention dans votre établissement ? Contactez INSTANT CSE pour recevoir les modalités d’inscription et une proposition adaptée.


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Projet d’ordre du jour CSE – Septembre 2026

Rentrée sociale 2026 : références juridiques, consultations obligatoires, BDESE, santé au travail et suivi des décisions pour aider les élus du CSE à préparer leurs questions, anticiper les échéances et structurer le dialogue avec l’employeur.

La réunion du CSE de septembre 2026 ouvre une période déterminante pour le dialogue social. Après la période estivale, les élus doivent à la fois assurer le suivi des décisions prises, analyser les premiers enseignements sociaux de l’année et préparer les consultations du dernier trimestre. Mise à jour de la BDESE, politique sociale, situation économique et financière, orientations stratégiques, évolution des emplois et des compétences, santé et conditions de travail : autant de sujets qui nécessitent une préparation en amont. Pour accompagner les représentants du personnel, Instant-CSE propose un projet d’ordre du jour commenté qui associe, pour chaque point, les références juridiques, les enjeux pour le CSE, une formulation prête à inscrire à l’ordre du jour et des questions concrètes à poser à l’employeur. Le relevé de décisions complète cette méthode afin de suivre, d’une réunion à l’autre, les engagements pris et les actions restant à réaliser.

Pierre DESMONT
18/08/2026



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Publié par Pierre DESMONT le 12/05/2014 à 13:19