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Conditions de travail : des avancées en demi-teinte

Rédigé le Mardi 6 Novembre 2007 à 10:38 | Lu 1884 fois modifié le Mardi 6 Novembre 2007 - 10:44


Xavier Betrand s’en est remis à la négociation entre partenaires sociaux pour faire avancer l’amélioration des conditions de travail.


Conditions de travail : des avancées en demi-teinte
Xavier Bertrand était attendu sur du concret. Organisée sous la tutelle du ministre du travail, la conférence sur les conditions de travail a réuni jeudi les partenaires sociaux. Les syndicats espéraient qu’elle ne s’en tienne pas aux déclarations d’intentions, compte tenu de l’acuité de la question. Elle a été illustrée de manière dramatique ces derniers mois, par les séries de suicides survenus à PSA, Renault, ou EDF. Au final, si la conférence n’a pas « accouché d’une souris, les syndicats regrettent, à l’instar de la CFDT « le manque d’audace et d’ambition » des propositions du ministre. Et restent sur leur faim.

Trois thèmes sont au programme : l’amélioration des conditions de travail dans les petites entreprises, le renforcement des comités hygiènes et sécurité dans les entreprises (CHSCT) et le droit d’alerte des salariés. Avec, pour « ligne de conduite » affichée par Xavier Bertrand : « la rénovation du dialogue sociale ». Le ministre du travail s’en remet donc à la négociation entre partenaires sociaux pour avancer.

L’Etat ne restera cependant pas les bras croisés. Xavier Bertrand a annoncé des dispositifs d’aide pour les TPE et la création de documents simplifiés pour les sensibiliser sur leurs obligations en matière de sécurité. Un enveloppe de 10 millions d’euros à été débloquée. Le ministre s’est par ailleurs prononcé pour le renforcement du rôle des CHSCT et a souhaité que leur mandat passe de 2 à 4 ans. Et il a annoncé la constitution d’un groupe d’experts, au mois de novembre, avec pour mission de proposer d’ici la mi-janvier, une série d’indicateurs « fiables et consensuels » sur les risques psychosociaux (stress, dépression). Car les données manquent concernant le nombre de salariés qui y sont exposés.
La conférence a en revanche pu dresser des constats chiffrés sur d'autres problèmes de santé liés au travail.

Les troubles musculo-squelettiques (TMS), principalement des problèmes de dos, sont en constante augmentation. En 2005, ils représentaient les trois-quarts des maladies professionnelles et leur nombre avait progressé de 20% sur un an, selon la caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Les « risques différés », autrement dit les maladies pouvant survenir plusieurs années après l’exposition à une substance, chimique ou biologique, sont plus difficiles à recenser. Bien souvent, ils ne sont pas identifiés par les salariés ou leur médecins traitant comme liés à une activité. Ils sont donc sous-déclarés. En 2005, la CNAMTS a reconnu 2059 cancers en tant que maladies professionnelles. Mais la Dares, l’office statistique du ministère de l’emploi, estime que 4 à 8% des nouveaux cas de cancers seraient attribuables à des expositions professionnelles. Soit 11.000 à 23.000 personnes touchées.

L'ancien ministre du travail, Gérard Larcher, rapporteur de la conférence a annoncé avoir confié à la branche AT-MP (accidents du travail, maladie professionnelle), une réflexion sur la traçabilité des expositions aux substances cancérigènes, mutagènes et toxiques. Des conclusions devront rendues d’ici 6 mois. D’ici là aura eu lieu la deuxième séance de cette conférence sur les conditions de travail, voulue par Xavier Bertrand. Elle permettra de faire un bilan d’étape.


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