Menu


Rencontrez INSTANT CSE lors de nos colloques

Échangez avec nos experts et repartez avec des réponses concrètes pour exercer votre mandat.

Découvrir nos colloques

Vous êtes élu du CSE ou Direction / RH ?

Accédez directement aux informations, ressources et accompagnements correspondant à vos enjeux.



Instant-CSE accompagne les élus, les directions et les services RH dans l’exercice des missions du CSE, la prévention des risques professionnels, la gestion des relations sociales et la résolution des tensions au travail.

Nos accompagnements en relations sociales Nos accompagnements en santé au travail Échanger gratuitement avec un expert

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La Cour de cassation valide sous conditions les forfaits jours pour les cadres

Rédigé le Vendredi 1 Juillet 2011 à 16:00 | Lu 888 fois modifié le Vendredi 1 Juillet 2011 - 16:03


Saisie par un cadre qui réclamait le paiement d'heures supplémentaires, la haute juridiction n'a pas remis en cause la validité du forfait jours à condition que l'accord collectif qui organise sa mise en place prévoit des garanties sur le temps de repos et la durée du travail.


La Cour de cassation valide sous conditions les forfaits jours pour les cadres
Le tsunami juridique n'a pas eu lieu. Alors que la chambre sociale de la Cour de cassation était appelée à se prononcer hier sur le cas d'un cadre en forfait jours qui réclamait le paiement d'heures supplémentaires, de nombreux experts en droit social craignaient que la haute juridiction ne remette en question à cette occasion la légalité du dispositif, comme le laissaient augurer plusieurs décisions du Comité européen des droits sociaux. En définitive, si la chambre sociale a donné raison au salarié, elle a précisé que sa décision « ne remet pas en cause » la validité du forfait jours. Cette décision, saluée hier par le Medef, n'est toutefois pas un blanc-seing sans condition.

Les critiques du Comité européen portent sur le fait que le forfait jours ne définit qu'un temps de repos légal (11 heures par jour et 35 heures consécutives par semaine), ce qui rend possible une durée de travail hebdomadaire bien au-delà des 48 heures maximum fixées par le Code du travail et la Charte sociale européenne. L'arrêt de la chambre sociale ne prend pas directement position sur ce point. « Plutôt que d'évoquer une durée maximum, la haute juridiction a posé le débat sous l'angle de la santé et du temps de repos des salariés », souligne Jean-Emmanuel Ray, professeur de droit du travail à l'université Paris-I Sorbonne. Des aspects qui doivent être évoqués dans les accords collectifs permettant l'accès au forfait jours.
Accord collectif impératif

L'entreprise qui employait le cadre réclamant le paiement des heures supplémentaires relevait de la métallurgie. Dès lors, « examinant l'accord de branche applicable au litige », la chambre sociale « constate qu'il contient des mesures concrètes [...] de nature à assurer le respect des règles impératives à la durée du travail et au temps de repos ». Cet accord autorise le recours au forfait jours, mais en imposant à l'employeur d'établir un document de contrôle des journées et demi-journées de travail, des temps de repos et congés ainsi que des modalités d'un suivi régulier de la charge de travail. « Le régime de forfait assorti de telles garanties est conforme » au droit français et européen, estime la Cour de cassation.

Le premier message est donc à destination des branches professionnelles : « Elles vont devoir s'assurer que les accords qu'elles ont signés prévoient des garanties semblables à celles prévues dans la métallurgie pour préserver la santé des salariés et, si ce n'est pas le cas, y remédier », estime Sylvain Niel, avocat au cabinet Fidal.

Le second message est à destination des DRH. « Dans l'affaire examinée hier, la convention collective était vertueuse, mais l'entreprise ne l'était pas », poursuit Sylvain Niel. Elle n'appliquait pas les dispositions de l'accord de branche concernant le temps de repos et le suivi de la charge de travail. En conséquence, « ces défaillances de l'employeur, dès lors qu'elles privent le salarié de toute protection de sa santé, privent d'effet la convention de forfait en jours conclue avec le salarié ». Et légitiment sa demande de paiement des heures supplémentaires.

Pour éviter semblable mésaventure, les entreprises vont devoir veiller à respecter les dispositions prévues par les accords de branche. Ce qui ne sera par forcément très simple à mettre en oeuvre. Au passage, relève Jean-Emmanuel Ray, « la chambre sociale rappelle qu'il faut impérativement un accord collectif pour mettre en place le forfait jours dans une entreprise, ce qui n'est pas le cas dans de nombreuses PME où l'on estime que le forfait s'applique automatiquement aux cadres ». Faute d'accord, ceux-ci sont fondés là encore à demander le paiement de leurs heures supplémentaires.


LIONEL STEINMANN


Nouveau commentaire :

Ordre du jour | Cassation | Actualité | Conseil en relations sociales | Santé au travail et QVCT | Médiation et dialogue social | Formations CSE par convention collective | Outre-mer | Dossiers de travail | Les Rencontres INSTANT CSE – Colloques et journées d’étude




Projet d’ordre du jour CSE – Septembre 2026

Rentrée sociale 2026 : références juridiques, consultations obligatoires, BDESE, santé au travail et suivi des décisions pour aider les élus du CSE à préparer leurs questions, anticiper les échéances et structurer le dialogue avec l’employeur.

La réunion du CSE de septembre 2026 ouvre une période déterminante pour le dialogue social. Après la période estivale, les élus doivent à la fois assurer le suivi des décisions prises, analyser les premiers enseignements sociaux de l’année et préparer les consultations du dernier trimestre. Mise à jour de la BDESE, politique sociale, situation économique et financière, orientations stratégiques, évolution des emplois et des compétences, santé et conditions de travail : autant de sujets qui nécessitent une préparation en amont. Pour accompagner les représentants du personnel, Instant-CSE propose un projet d’ordre du jour commenté qui associe, pour chaque point, les références juridiques, les enjeux pour le CSE, une formulation prête à inscrire à l’ordre du jour et des questions concrètes à poser à l’employeur. Le relevé de décisions complète cette méthode afin de suivre, d’une réunion à l’autre, les engagements pris et les actions restant à réaliser.

Pierre DESMONT
18/08/2026



Suivez-nous
X
LinkedIn