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Les salariés de Molex à leur tour séquestrent leurs dirigeants

Rédigé le Mardi 21 Avril 2009 à 11:01 | Lu 1380 fois modifié le Mardi 21 Avril 2009 - 11:04



Les salariés de Molex à leur tour séquestrent leurs dirigeants
VILLEMUR-SUR-TARN, Haute-Garonne (AFP) — Les salariés du site de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) de l'équipementier automobile américain Molex, après ceux de Sony France ou de Caterpillar, ont séquestré lundi soir des dirigeants de leur entreprise pour s'opposer à un plan social.

La direction a annoncé en octobre 2008 son intention de fermer à la mi-2009 cette unité de connecteurs électriques et de licencier la plupart des 283 salariés. Ceux-ci ont depuis multiplié les manifestations, avec le soutien des élus locaux et régionaux.

Ils ont franchi un pas supplémentaire lundi soir à l'issue d'un comité d'entreprise en décidant de retenir toute la nuit deux dirigeants, pour dénoncer la volonté du groupe de "détourner" déjà, selon eux, la production vers d'autres usines.

"Nous avons mis dehors le directeur de l'usine, Philippe Fort, et nous retenons le co-gérant de Molex SARL (la filiale française de Molex) Marcus Kerriou et la directrice des ressources humaines Coline Colboc", a déclaré à l'AFP Pierre Bellegarde, délégué CGT, à l'issue d'un comité d'entreprise.

Pour relâcher les dirigeants, les salariés réclament "le rapatriement d'un stock qui a été constitué aux Pays-Bas pour nous contourner", a dit le secrétaire du CE Denis Parise (CGT). "Nous voulons en outre 100 millions d'euros (bien 100) d'indemnité", a-t-il ajouté.

Pierre Bellegarde a expliqué la colère des salariés en soulignant que la direction avait "mis en place un système de double source de production en utilisant ses usines américaines et en constituant un stock chez un soi-disant client néerlandais, Power and Signal".

Marcus Kerriou, retenu depuis 17h30, a pu être rencontré dans un bureau en compagnie de sa collègue et d'un huissier appelé à constater les faits. Vers 23h00 les deux dirigeants séquestrés avaient pu se restaurer. Ils s'apprêtaient à passer la nuit sous la surveillance d'une dizaine de salariés dans le bâtiment et d'une cinquantaine autour.

Le dirigeant, constatant que sa liberté de mouvement était "entravée" s'est déclaré "prêt à renouer le dialogue mardi matin, mais pas à négocier dans ces conditions".

Les salariés contestent le bien-fondé économique de la décision de fermeture. Ils retardent depuis la fin 2008 la procédure du plan social dans l'attente d'un rapport d'expertise deamndé par le CE au cabinet Syndex.

Les syndicalistes disent avoir "remis au procureur de la République de Toulouse des documents montrant que la fermeture de l'usine était planifiée de longue date".

Denis Parise dit qu'il sera entendu à sa demande par la police judiciaire mardi sur de nouveaux documents "prouvant qu'avant même d'annoncer la fermeture de Villemur, la direction livrait déjà l'Europe avec des doubles des moules et des outillages installés aux Etats-Unis".

Pour M. Kerriou, "l'ampleur de la crise a contraint Molex à supprimer 8.250 emplois dans le monde soit 25% de ses effectifs depuis septembre, en essayant de traiter les salariés le mieux possible". Il a nié toute "préméditation à l'encontre de Villemur".

Il a assuré que l'utilisation des stocks néerlandais ne datait que "de quelque jours" et était nécessaire pour satisfaire un regain de demande des clients, qui doivent être livrés "au jour le jour, en flux tendu sous peine de pénalité financière".

"Villemur tournait à 30% de sa capacité mais nous n'avons pas réussi à augmenter le régime pour revenir à 60% ces derniers jours, sans doute par manque de motivation des salariés", a-t-il ajouté.


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