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Au Medef, « on parle peu mais on agit beaucoup »

Rédigé le Mercredi 16 Juin 2010 à 14:54 | Lu 588 fois modifié le Mercredi 16 Juin 2010 - 14:55



Au Medef, « on parle peu mais on agit beaucoup »
Laurence Parisot n'a toujours pas dévoilé le « scénario idéal » du Medef. Les contours du projet gouvernemental correspondent à sa vision de la réforme.

« Au plus tard début juin, nous nous prononcerons sur une recommandation et sur ce qui serait pour nous le scénario idéal. » Il y a un mois, Laurence Parisot, lors de sa conférence de presse mensuelle, promettait de préciser les choix du Medef. Début juin, aucun scénario n'est venu. « Il ne nous appartient pas de dire quelle est la meilleure combinaison et où mettre le curseur » , a jugé hier Laurence Parisot, au lendemain du conseil exécutif de l'organisation patronale, préférant rappeler une nouvelle fois l'enjeu de la réforme (déficit, compétitivité, etc.) et lister les options sur la table (report de l'âge légal, allongement de la durée de cotisation, horizon de la réforme).

Observant au fil des semaines que le projet du gouvernement reprenait largement sa vision et son ambition pour la réforme - sur l'allongement de la durée d'activité, le coût du travail ou la pénibilité -, le Medef, mesurant au jour le jour les rapports de force entre gouvernement, partenaires sociaux et opinion, aura préféré ne pas afficher précisément ses positions. « On parle peu mais on agit beaucoup » , résume un proche du dossier.
Un souci de discrétion
Le souci du Medef a surtout été d'éviter que le projet du gouvernement ne soit trop ouvertement identifié comme celui du patronat. Devant des chefs d'entreprise adhérents du Medef à Cannes début juin, Laurence Parisot a demandé de « remettre l'âge légal de départ à 65 ans » , avait rapporté la presse locale. « Ce n'est pas ce que j'ai dit » , a-t-elle démenti hier. « J'ai dit que si nous avions maintenu l'âge légal à 65 ans, aujourd'hui le débat porterait sur l'augmentation des pensions ou la réduction des cotisations [...]. Nous ne pouvons pas donner, comme si c'était une vérité révélée, l'âge auquel il faudrait partir. C'est l'ensemble qu'il convient de voir et c'est au gouvernement de se prononcer. » Le Medef a toutefois soutenu l'idée d'accélérer à un semestre par an le report de l'âge légal de départ. Et si le COR n'a pas accédé à sa demande de simulations permettant d'assurer l'équilibre financier du régime de retraite, le Medef laisse filtrer que ses propres calculs, certes « un peu approximatifs » , montrent qu'un relèvement de l'âge légal de départ à 65 ans, à l?horizon 2027-2030, couvrirait 95 % des besoins.

Dans le même souci de ne pas faire passer la réforme du gouvernement pour celle du Medef, l'organisation patronale a durci son discours sur le projet du gouvernement d'annualiser le calcul des allégements de charges pour les entreprises, en réintégrant le 13 mois. En réalité, il a été plutôt soulagé de voir cette mesure (de toute façon décidée) apparaître dans le chapitre des contributions des entreprises à la réforme des retraites, ce qui lui permettra de leur éviter une taxation des revenus financiers des entreprises.

Concernant l'emploi des seniors, Laurence Parisot a indiqué hier qu' « il n'est pas du tout nécessaire de prévoir un mécanisme nouveau » d'allégements ciblés. Elle n'a par ailleurs pas soufflé mot des retraites par capitalisation. Le Medef croit savoir que le gouvernement devrait préférer traiter ce volet lors du débat au Parlement.


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