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La presse déplore l'"autisme" de Fillon et Sarkozy face aux grèves de jeudi

Rédigé le Jeudi 19 Mars 2009 à 08:39 | Lu 1303 fois modifié le Vendredi 3 Avril 2009 - 08:42



La presse déplore l'"autisme" de Fillon et Sarkozy face aux grèves de jeudi
Alors qu'un nombre record de manifestants est descendu dans la rue jeudi, les éditorialistes de la presse française déplorent l'"autisme" de François Fillon et Nicolas Sarkozy, qui aboutit selon eux à un "dialogue de sourds" avec les grévistes.
"Il suffisait ainsi d'entendre hier soir François Fillon pour mesurer le creusement de ce fossé social entre des syndicats qui attendent plus que les 2,6 milliards d'euros débloqués lors du sommet du 18 février, et un gouvernement qui estime en avoir fait assez", résume Roger Antech dans Nice Matin.
Hervé Cannet, dans La Nouvelle République du Centre ouest, constate lui aussi que "le Premier ministre (appuyé à l'Assemblée par une majorité UMP très remontée) n'a rien de plus à proposer que la stricte application des mesures de février. Ce n'est pas un dialogue social, c'est un dialogue de sourds."
Une situation dangereuse, selon Patrick Venries, de Sud-Ouest. Car "en refusant un nouveau round social rassemblant syndicats et patronat, le gouvernement a pris la responsabilité d'ignorer la crise morale que traverse la France."
Or "en politique plus qu'en tout autre domaine, la détermination ne doit jamais virer à l'autisme", avertit Emmanuel Caloyanni dans Le Courrier de l'Ouest.
L'argument de François Fillon pour expliquer son inflexibilité, analyse Dominique Garraud dans La Charente Libre, est qu'il faut "éviter de creuser un déficit public qui a déjà doublé et qui pénaliserait la France lors de la reprise envisagée dès 2010."
Un argument sur lequel Francis Brochet ironise dans les colonnes du Progrès: "C'est son obsession, nous protéger, une vraie mère-poule avec ses poussins, gentils mais pas très malins. Oui, nous avons bien de la chance de l'avoir François Fillon, ou le pouvoir de dire non, pour notre bien."
Mais Daniel Ruiz, dans La Montagne, pense que la posture de Fillon est calculée. "Sur l?échiquier politique, il n?y a pas de place entre Bayrou et Sarkozy", observe-t-il. "Fillon a donc décidé de se faire applaudir sur les bancs de la droite. Il confirme son image de père la rigueur et se sculpte une image pour l?avenir".
Un avenir plutôt noir, pour beaucoup d'éditorialistes, à l'instar de Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées: "L'inflexibilité de Nicolas Sarkozy est un jeu dangereux, car la prochaine échéance sera celle du 1er Mai".
Face à la situation, Le Républicain lorrain, sous la plume de Philippe Waucampt pense qu'une "initiative politique s'impose. A commencer par un remaniement d'ampleur du gouvernement".
Et Patrick Apel-Muller de conclure, dans L'Humanité: "Le gouvernement, avant de choisir l'épreuve de force, ferait bien de réfléchir qu'elle n'a de sens que lorsqu'on est le plus fort. L'est-il encore aujourd'hui?"



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