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Premières victoires de la mobilisation à la Réunion

Rédigé le Lundi 6 Avril 2009 à 16:11 | Lu 1241 fois modifié le Mercredi 8 Avril 2009 - 16:13


Des accords sur les prix ont été signés. Le COSPAR propose de faire jouer la solidarité entre entreprises pour aller vers une augmentation de 200 euros.


Mardi et mercredi dernier, les représentants du COSPAR (Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion), de la grande distribution, des petits commerçants, des banques, des bailleurs sociaux et de l’État ont signé trois accords qui pourront faire baisser les prix jusqu’à 20 % à la Réunion. Ces avancées sont une première victoire significative de la lutte menée autour du COSPAR par la population de la Réunion.
Concernant les salaires, le préfet a refusé de signer l’accord proposé. Cet accord prévoyait une modulation de l’aide de l’État (RSTA) et de la contribution des entreprises afin que tous les travailleurs payés en dessous de 1,4 SMIC puissent avoir droit à une augmentation durable de 200 euros net. Pour sa part, le MEDEF accepte le principe de la modulation, les discussions vont donc avoir lieu uniquement entre les partenaires réunionnais, le préfet quittant la table des discussions.
Le premier document acté mardi concerne une baisse de 5 à 20 % de 250 produits.
Mercredi, le gel des loyers sociaux à leur niveau du 1er janvier 2009 a été signé, ainsi qu’un alignement de l’allocation logement sur la France, soit une hausse moyenne de 50 euros pour plus de 80 000 familles. Dans le même temps, les établissements bancaires ont acté avec le COSPAR une baisse de 10 à 15 % de trois services bancaires de base.
Pour le moment, aucun accord global n’est signé car il reste à s’entendre sur les salaires. Depuis le 6 mars, le préfet tente d’imposer une solution calquée sur l’accord Bino, contribution des collectivités en moins, soit une hausse des salaires inférieurs à 1,4 SMIC de 150 euros pendant trois ans dans le privé, et de 100 euros dans le public sur la même période. Cette hausse cumule le RSTA de l’État (100 euros) et 50 euros des entreprises, contribution proposée par le seul MEDEF.
À la recherche d’une solution capable d’assurer une augmentation de 200 euros dans toutes les entreprises, le COSPAR a revu sa copie. Son objectif est d’atteindre les 200 euros au bout de trois ans, par le biais d’augmentations successives s’appuyant sur deux modulations : celle du RSTA et celle de la participation de l’entreprise. Autrement dit, c’est le recours à la solidarité entre les entreprises qui est mis en avant. Et si un patron dit qu’il ne peut pas mettre plus de 20 euros par salarié, alors la solidarité entre les entreprises permettra à tous de recevoir 200 euros. Le solde sera assuré par une contribution modulée du RSTA.
Mardi, le MEDEF a donné son accord de principe sur la modulation de la contribution patronale et a dit sa volonté d’en discuter.
C’est cette porte de sortie que le préfet a refusée, arguant du fait que le RSTA est une allocation individuelle de 100 euros pendant trente-six mois qui n’est pas modulable, et cela avant que la loi créant le RSTA ne soit définitivement adoptée ! Il reste bloqué sur le projet dans lequel il a voulu enfermer les Réunionnais : drôle d’attitude de l’État à moins d’un mois du lancement d’états généraux qui doivent précisément mettre en valeur les propositions locales.
Les Réunionnais vont donc discuter entre eux, sans l’État, afin de trouver ensemble une solution durable qui soit perçue par tous les acteurs comme une avancée positive.


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