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Traumatismes au travail. Les bons choix de Capitaine Houat

Rédigé le Jeudi 14 Mai 2009 à 17:11 | Lu 1412 fois modifié le Jeudi 14 Mai 2009 - 17:12



Traumatismes au travail. Les bons choix de Capitaine Houat
L'amélioration des conditions de travail ne bénéficie pas qu'au bien-être des salariés. La société Capitaine Houat, à Lorient, se félicite aujourd'hui d'en avoir pris conscience et de s'être engagée dans la démarche.

«Nous ne sommes pas une entreprise à but philanthropique. Nous avons d'abord des objectifs économiques», souligne Éric Gosselin, directeur de Capitaine Houat, entreprise spécialisée dans la transformation de poisson et crustacés frais pour le groupe Intermarché (1). Arrivé en 2006, il avait pour mission de redresser l'entreprise, confrontée à des problèmes économiques récurrents. «C'était l'objectif premier. Mais la Cram (2) nous a fait découvrir que nous étions parmi les entreprises de Bretagne ayant le plus grand nombre de déclarations d'accidents du travail: 40 en moyenne par an, entre 2000 et fin 2006, six maladies professionnelles déclarées, par an, durant la même période».

Prise de conscience

Au-delà de l'aspect humain, la direction se rend compte que cela a d'importantes répercussions financières: «Un taux de cotisation à la Cram très élevé (10,7% de la masse salariale quand le niveau moyen est de 3% dans le secteur d'activité); 2.542 jours d'arrêt maladie fin 2006. Et dans des métiers spécifiques comme le filetage, ce sont des absences qui ne se remplacent pas. Ce sont donc autant de journées de perdues pour l'entreprise». Un problème sur lequel l'entreprise s'est penchée. «Mais nous avons voulu dépasser le stade des simples problèmes de sécurité ou de «biomécanique», les troubles musculo-squelettiques(TMS), provoqués par la répétition des gestes et première cause de ces jours d'arrêts et maladies professionnelles. Nous avons voulu initier un véritable projet d'entreprise intégrant l'aspect psychosocial. Ce métier est dur, dans un environnement difficile, avec une logistique de flux tendu incompressible car le poisson doit être travaillé vite pour être livré frais. Il fallait donc une prise en compte globale du mal-être des salariés au travail: sécurité, santé, stress... tous les problèmes qui nuisent à la bonne marche de l'entreprise».

Investissements techniques et humains

Le réaménagement total de l'atelier frais, fin 2007, (nécessaire pour suivre l'évolution après 20ans d'existence) n'a été que l'aboutissement de cette démarche. Il avait été précédé du recrutement d'une responsable sécurité, d'une formation de l'encadrement à la sécurité et des salariés aux risques, postures et gestes, en collaboration avec le comité d'hygiène, sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'entreprise. Résultat, l'entreprise a investi 380.000 € dans la transformation de l'atelier et elle enregistre des résultats tangibles: 18accidents du travail, trois déclarations de maladie professionnelle et 959journées d'arrêts maladie en 2008 et, forcément, une cotisation en baisse. «Nous avons aussi gagné en productivité avec 35% de volumes produits en plus». Pour la Cram, l'initiative est exemplaire et elle souhaite inciter, pour 2010, 120 entreprises bretonnes les plus touchées par ces problèmes à s'engager dans cette voie.

1. 100 salariés à Boulogne-sur-Mer, 200 à Lorient; 26.000t de produits finis, dont environ 6.000t de crevettes et 2.000t de poisson traditionnel (et un peu de produit élaboré pour libre-service), par an, à Lorient. 2. Caisse régionale d'assurance-maladie.



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