Menu
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Guadeloupe : le Medef refuse toujours de plier, l'État critiqué

Rédigé le Mercredi 4 Mars 2009 à 10:03 | Lu 1531 fois modifié le Mercredi 4 Mars 2009 - 10:05



Guadeloupe : le Medef refuse toujours de plier, l'État critiqué
Le Medef refuse toujours d'appliquer l'accord sur l'augmentation des bas salaires de 200 euros paraphé vendredi en Guadeloupe par le Collectif contre l'exploitation LKP et plusieurs syndicats patronaux minoritaires. Le dirigeant local du Medef Willy Angèle ne cesse de justifier son refus de signer ce document qui prévoit le financement d'une hausse salariale par les entreprises de 50 euros, les collectivités locales de 50 euros et de 100 euros pour l'État. "Après ce que nous venons de vivre, il est très difficile pour les entreprises de prendre l'engagement de se substituer au bout de deux ans aux primes de l'État et des collectivités locales" et verser la participation de 100 euros, répète Willy Angèle.

La sortie de crise semblant incertaine , le gouvernement tente de contourner l'obstacle. Le délégué interministériel pour l'Égalité des chances des Français d'outre-mer Patrick Karam a donc demandé lundi à l'organisation patronale de verser la prime de vie chère pour les salaires inférieurs à 1,4 Smic. L'adoption de cette mesure devrait poser moins de difficultés puisqu'elle a été proposée par le Medef lui-même lors des négociations.

Pour Laurence Parisot, interrogée mardi matin sur RTL , Willy Angèle devrait donner son feu vert dans les meilleurs délais pour que toutes les entreprises de l'île appliquent "des bonus spécifiques, des primes de pouvoir d'achat" proches ou équivalentes à 200 euros. L'adoption d'une telle mesure permettrait une "sortie de crise honorable", a soufflé Patrick Karam. "Il ne faut pas que ça dure longtemps parce que l'économie de la Guadeloupe est au bord du gouffre. Il va y avoir de toute façon des dégâts considérables liés à la longueur de ce conflit", a déclaré François Fillon sur Europe 1 depuis le marché de Rungis.

Le LKP montre ses muscles

Mais pour mettre fin à la crise sociale qui fait rage depuis plus de six semaines, reste à compter sur un assouplissement de la ligne du LKP. Or, pour l'heure, le collectif entend contraindre les entreprises pour leur faire signer l'accord sur l'augmentation des bas salaires de 200 euros. Dimanche, leur chef de file, Élie Domota, a exigé la généralisation de l'accord et a annoncé l'intention du LKP de "passer d'entreprise en entreprise" pour faire signer ce texte. "Il n'est pas question en particulier que le LKP aille, comme il l'a indiqué, dans chaque entreprise pour forcer les dirigeants à accepter des augmentations de salaire. Ça n'est pas comme ça que fonctionne la République. Je dis notamment au LKP que l'ordre public doit être restauré, le travail doit reprendre", a martelé François Fillon à l'intention du collectif guadeloupéen.

Le Medef local peut compter sur le soutien de Laurence Parisot. Cette dernière a mis les points sur les i, jugeant que l'accord paraphé vendredi est bien impossible à signer pour son organisation patronale. "On sait que l'économie guadeloupéenne est KO. Comment voulez-vous que l'on s'engage ?!", s'est-elle exclamée en rappelant qu'"un engagement financier rend cet accord mortel pour les entreprises". Willy Angèle a placé des chiffres sur les craintes exprimées par la présidente du Medef : selon lui, il faut tabler sur des dépôts de bilan à la pelle et sur 10.000 à 14.000 suppressions d'emplois en raison de la grève, avec un taux de chômage passant de 23 % à 30 %.

Autre pomme de discorde : le préambule politique de l'accord. Ce dernier avance qu'il "faut lutter contre un système économique de plantation. Il s'agit d'amener les patrons à reconnaître qu'ils ont fait perdurer une économie d'esclavagiste. On ne peut pas les faire signer cela !", s'est indignée Laurence Parisot. Et de conclure : "L'État n'a pas tenu son rôle (...). Dès le départ, les choses ont été mal engagées et l'État n'a pas permis que les négociations se déroulent de façon normale. Les menaces et les violences de la part du LKP n'ont pas permis les conditions d'un dialogue social comme cela existe partout ailleurs."



Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
< >

Ordre du jour | Cassation | Actualité | 📘 Livre blanc | Code CSE | Mission économique | Mission SSCT | Contact | Outre-mer | Santé au travail | IA et transformation du travail | FPH | QVCT & obligations légales | Dialogue & Négociation | Les grands dossiers d’Instant-CSE | Management RH, santé au travail et DUERP | Manager le travail réel | Prévenir et résoudre les tensions au travail | Vos questions, nos réponses d'experts


Projet d'ordre du jour Réunion CSE – Juillet 2026

Anticiper les risques estivaux, sécuriser les obligations de l'employeur et préparer les consultations de la rentrée

Le mois de juillet constitue une période charnière dans la vie des entreprises et des instances représentatives du personnel. Entre les départs en congés, les fortes chaleurs, les ajustements d'organisation et la préparation des consultations obligatoires de la rentrée, les élus du Comité social et économique (CSE) doivent rester pleinement mobilisés.

Cette réunion est l'occasion de vérifier que l'employeur respecte ses obligations légales en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, mais également d'anticiper les enjeux sociaux des prochains mois. Les récentes évolutions réglementaires, notamment en matière de prévention des risques liés à la chaleur, de maintien dans l'emploi, de gestion des activités sociales et culturelles (ASC) et de dialogue social, renforcent le rôle du CSE comme acteur de la prévention et de la gouvernance sociale.

Afin d'aider les élus à préparer efficacement leurs réunions, Instant-CSE propose un projet d'ordre du jour structuré, fondé sur les dispositions du Code du travail et les dernières actualités juridiques. Pour chaque sujet, vous trouverez les références légales applicables, les raisons d'inscrire le point à l'ordre du jour, des exemples de questions à poser à la direction et les objectifs stratégiques poursuivis. Une méthode concrète pour transformer les obligations légales en un dialogue social constructif et permettre aux élus d'exercer pleinement leur mandat.

Pierre DESMONT
26/06/2026



Derniers tweets

Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
Mobile

Vidéo à la Une
La souffrance au travail.
La souffrance au travail. €
Publié par Pierre DESMONT le 12/05/2014 à 13:19