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Santé mentale au travail : quand les élus du CSE reprennent la main, entre droit et pratiques


Rédigé le Dimanche 8 Février 2026 à 08:34 | Lu 33 fois | 0 commentaire(s) modifié le Dimanche 8 Février 2026 - 08:43


La santé mentale au travail est devenue l’un des sujets les plus sensibles du dialogue social, plaçant les élus du CSE en première ligne face à des situations complexes et souvent mal balisées. Le 4 février 2026, 100 élus venus de toute la France et des territoires d’outre-mer ont participé à une masterclass dédiée aux leviers d’action du CSE en matière de santé mentale. Retour sur un temps fort qui éclaire, par le droit et les pratiques, la manière dont les élus peuvent agir avec méthode, légitimité et efficacité.


Un sujet omniprésent, une réponse encore trop fragile

La santé mentale au travail s’est imposée comme l’un des sujets les plus sensibles du dialogue social contemporain. Épuisement professionnel, tensions durables, conflits non régulés, alertes individuelles répétées : dans de nombreuses entreprises, les élus du CSE sont devenus des interlocuteurs de premier recours, parfois malgré eux.

Mais si les sollicitations augmentent, les repères juridiques et méthodologiques, eux, restent souvent flous.
Que peut réellement faire le CSE face à une situation de souffrance au travail ?
Où commence son rôle, où s’arrête-t-il ?
Comment agir sans se substituer à l’employeur, ni s’exposer personnellement ?

C’est à ces questions concrètes qu’a répondu la Masterclass CSE Info du 4 février 2026, organisée par Instant-CE et intitulée :
« Santé mentale au travail : les leviers d’action du CSE, entre droit et pratiques ».


Une mobilisation nationale qui en dit long

Cette masterclass a réuni 100 élus du CSE, venus de toute la France et des territoires d’outre-mer.
Un chiffre significatif, révélateur d’un besoin partagé : celui de mieux comprendre comment agir sur la santé mentale au travail sans improviser.

Élus titulaires et suppléants, membres de commissions SSCT, secrétaires et trésoriers ont participé à cette session, avec des réalités d’entreprise très différentes, mais un point commun : la sensation que la santé mentale est devenue un sujet central du mandat, sans toujours disposer des outils adaptés pour l’aborder.


Sortir de l’émotion, entrer dans le cadre

L’un des premiers constats posés lors de la masterclass est sans appel :
la santé mentale au travail est trop souvent abordée sous un angle exclusivement émotionnel ou individuel, au détriment d’une approche collective, structurée et juridiquement fondée.

Or, le droit du travail est clair :
la protection de la santé mentale relève de l’obligation de l’employeur, mais le CSE dispose de prérogatives spécifiques en matière de prévention, d’alerte et d’amélioration des conditions de travail.

La masterclass a permis de :

  • clarifier les notions de santé mentale, de risques psychosociaux et de QVCT,

  • repositionner le rôle du CSE dans une logique de prévention collective,

  • sécuriser la posture des élus face aux situations sensibles.

Pour de nombreux participants, cette mise en perspective a constitué un véritable changement de regard sur leur rôle.


Des situations réelles, des réponses concrètes

Loin d’un discours théorique, la masterclass s’est appuyée sur des situations vécues par les élus eux-mêmes : alertes de salariés, tensions persistantes dans une équipe, conflits non régulés, sentiment de mal-être diffus.

Les échanges ont porté sur des questions très opérationnelles :

  • comment réagir face à une alerte de souffrance au travail ?

  • quand inscrire le sujet à l’ordre du jour du CSE ?

  • quels outils mobiliser sans sortir de son rôle ?

  • comment utiliser inspections, enquêtes ou expertises de manière pertinente ?

Ces échanges ont mis en évidence une réalité essentielle :

👉 le CSE peut agir, mais seulement s’il s’appuie sur une méthode et un cadre juridique clair.


Une attente forte : ne plus rester seuls

Au fil des échanges, une demande est revenue avec insistance :
celle de ne plus laisser les élus seuls face à des situations complexes de santé mentale.

Analyser une situation à risque, structurer une démarche collective, sécuriser les échanges avec la direction, inscrire la prévention dans la durée : autant d’actions qui nécessitent du temps, de la méthode et un regard extérieur.

Cette attente confirme que la montée en compétence des élus ne suffit pas toujours. Elle doit parfois s’accompagner d’un appui méthodologique et stratégique, permettant de transformer l’intention en action concrète et sécurisée.


Une masterclass qui ouvre une dynamique durable

Cette première Masterclass CSE Info marque le début d’une série de rendez-vous destinés à accompagner les élus sur les grands enjeux du dialogue social actuel.

Le format – distanciel, interactif, centré sur les pratiques – a démontré sa pertinence. Il permet aux élus de prendre du recul, de partager leurs expériences et de repartir avec des repères immédiatement mobilisables.


Et après ?

Les retours des participants sont sans ambiguïté :
la santé mentale au travail ne peut plus être traitée sans cadre, sans méthode et sans outillage juridique.

De nouvelles Masterclass CSE Info seront prochainement proposées, pour permettre à d’autres élus de s’approprier ces leviers d’action et de renforcer leur rôle dans le dialogue social.

Parce que la santé mentale au travail n’est ni un sujet accessoire, ni un sujet improvisé.
Et parce que les élus du CSE ont besoin de repères solides pour agir avec légitimité.




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Pierre DESMONT
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