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PSA met la pression sur les arrêts de travail

Rédigé le Lundi 8 Septembre 2008 à 12:11 | Lu 2098 fois modifié le Lundi 8 Septembre 2008 - 12:13


Un ouvrier était convoqué hier à un entretien en vue d’un licenciement. La CGT dénonce une « chasse aux malades ».


PSA met la pression sur les arrêts de travail
Un débrayage d’une heure a eu lieu hier à l’atelier de montage de l’usine PSA Aulnay, selon la CGT, pour « protester contre la politique de chasse aux malades et accompagner Khalid El Haouari à un entretien préalable en vue de son licenciement ». Khalid El Haouari a été embauché en 2001. Depuis deux ans, il a eu plusieurs problèmes de santé. « J’ai d’abord eu une fracture du plat du pied en 2006, qui a continué à me faire souffrir avec les va-et-vient que nécessite mon poste, explique l’ouvrier. Puis, j’ai eu une opération à la cloison nasale, qui s’est mal résorbée et a fini par se rouvrir alors que je travaillais à la pose des tapis. En 2007, j’ai eu un claquage au niveau du dos, en allant chercher un pédalier au fond d’un bac. L’intérimaire qui a vu l’accident n’a pas témoigné et la direction a refusé de le qualifier en accident du travail. » Or, Khalid El Haouari, qui affirme avoir fourni à chaque fois les justificatifs médicaux nécessaires, a cumulé une centaine de jours d’arrêts en 2007 et une vingtaine en 2008, sur des périodes allant d’une journée à quatre semaines. Ce sont ces absences qui lui sont aujourd’hui reprochées par la direction. En 2007, la CGT PSA de Mulhouse avait déjà dénoncé des pressions exercées sur des salariés pour des arrêts maladie, mais un licenciement pour ces raisons serait un fait exceptionnel.

L’employé de PSA a reçu trois lettres d’avertissement, en décembre et en mai 2007, puis en avril 2008. Dans ces courriers, il lui est notamment stipulé « l’importance et la fréquence » de ses absences et « leur impact sur le fonctionnement de l’équipe de travail ». Pour la CGT, l’argument ne tient pas. « Il y a un moniteur, un ouvrier polyvalent chargé de remplacer les autres au pied levé, pour cinq salariés, explique Philippe Julien, délégué CGT. En cas d’arrêts plus longs, il existe un pool de travailleurs polyvalents, au ratio de trois pour vingt employés. Bref, dans une entreprise de cette taille, il y a une souplesse telle qu’un travailleur malade ne peut pas désorganiser l’activité. Et c’est d’autant plus ridicule que la direction a déclaré le mois dernier qu’il y avait un sureffectif de 100 ouvriers professionnels. » Par ailleurs, la loi stipule qu’il est interdit de sanctionner un salarié en raison de son état de santé, sauf si ses absences ont nécessité l’embauche d’un employé.

« Un nouvel intérimaire a en effet été embauché sur mon poste, mais c’était une des dizaines d’embauches prévues quoi qu’il arrive », conteste Khalid El Haouari. Un autre employé, Rahal Mouna, a aussi été convoqué hier matin, à un entretien préalable à sanctions pour les mêmes raisons. « Et lui, personne n’a été embauché pour le remplacer », affirme Khalid El Haouari. Dans un rapport d’expertise, le cabinet Social Conseil, mandaté par le CHSCT, soulignait en mai que « l’absentéisme est toléré lorsqu’il répare un accident du travail, décrié lorsqu’il répare une douleur ». Pour la CGT, la procédure met plus largement en évidence « une chasse aux arrêts maladie », et soulève la question de la surcharge de travail et du stress, dans un contexte de réduction des effectifs et de réorganisation de la production, avec la fermeture d’une des deux lignes de montage en juin.


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