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Aux oeufs, Goodyear préfère les hôtels de luxe

Rédigé le Vendredi 25 Juillet 2008 à 12:15 | Lu 1339 fois modifié le Vendredi 25 Juillet 2008 - 12:17


Pneumatique . Alors que la direction organise les réunions stratégiques à l’extérieur de l’usine, les syndicats déplorent l’opacité du plan social


Aux oeufs, Goodyear préfère les hôtels de luxe
Fenêtres maculées d’oeufs dégoulinants et CRS retranchés derrière leurs boucliers antiémeute devant l’entrée. Hier, à quelques pas de la tour Perret, le Carlton d’Amiens a servi de défouloir dans le conflit que mènent, depuis le mois de mars, les salariés de Goodyear pour préserver leur travail et l’avenir du site. Car, alors que le climat reste très tendu à l’usine parmi les 1 400 salariés, la direction a choisi de délocaliser, hier, dans l’hôtel de luxe la réunion du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). « C’est la provocation de trop, le symbole qui montre qu’ils nous méprisent… D’un côté nos patrons nous disent que les comptes sont à sec, de l’autre, ils louent des salles dans un hôtel de luxe alors que la réunion aurait pu se tenir sur le site », s’énerve Mickaël Wamen, délégué CGT. Sur la place devant l’hôtel, une centaine d’ouvriers arborent des tee-shirts noirs ou blancs, certains siglés d’un cercueil sur lequel est écrit « plan antisocial », d’autres d’un pistolet dénonçant les « patrons tueurs ». Surveillés par une vingtaine de bus des forces de l’ordre, ils s’époumonent : « Les voyous, c’est pas nous. »

À l’ordre du jour de la réunion, en principe, l’incidence des baisses d’effectifs sur les conditions de travail. Le 15 juillet, le PDG de Goodyear-Dunlop, Olivier Rousseau, a en effet confirmé la suppression de 402 emplois à Amiens-Nord, en en faisant retomber la responsabilité sur le refus des syndicats majoritaires (CGT et SUD) de mettre en place un plan de réorganisation du travail en 4 x 8 (quatre équipes au lieu de cinq). Or, à la sortie du CHSCT, le syndicaliste de SUD, Virgilio Mota Da Silva, rend compte de « l’impossibilité d’aborder le fond pour cause de nombreux vices de forme » : présidence de la réunion improvisée par le DRH, absence d’un représentant de la médecine du travail, présence contestable d’un huissier de justice dans la salle… L’inspection du travail a même promis de souligner dans son procès-verbal « l’amateurisme » de la direction en la matière. Face à l’absence de données précises, les élus du personnel demandent la nomination d’un cabinet d’experts avant de rendre leur avis. Un avis légalement indispensable pour que le comité d’entreprise, qui doit en principe se réunir aujourd’hui, à l’hôtel Ibis (sic), rende le sien et donc entérine le plan social. « Une bataille juridique complexe se dessine car la direction veut contester devant le tribunal notre droit à nommer un expert, prévient Virgilio Mota Da Silva. Elle veut aller très vite et envoyer les lettres de licenciement pendant les congés payés, en août. La direction se dit même prête à payer les contestations des salariés aux prud’hommes pour licenciements illégaux. »

Sûr, dans l’usine de pneumatiques, l’été va être chaud. Les syndicats demandent avec insistance la nomination d’un médiateur, en prévenant : « Les oeufs, c’est vraiment gentil. En septembre, quand les gars auront reçu leur lettre, ils vont péter les plombs et là, fini la "lutte rigolade", ils vont allumer tout ce qui bouge. »


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Projet d'ordre du jour Réunion CSE – Juillet 2026

Anticiper les risques estivaux, sécuriser les obligations de l'employeur et préparer les consultations de la rentrée

Le mois de juillet constitue une période charnière dans la vie des entreprises et des instances représentatives du personnel. Entre les départs en congés, les fortes chaleurs, les ajustements d'organisation et la préparation des consultations obligatoires de la rentrée, les élus du Comité social et économique (CSE) doivent rester pleinement mobilisés.

Cette réunion est l'occasion de vérifier que l'employeur respecte ses obligations légales en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, mais également d'anticiper les enjeux sociaux des prochains mois. Les récentes évolutions réglementaires, notamment en matière de prévention des risques liés à la chaleur, de maintien dans l'emploi, de gestion des activités sociales et culturelles (ASC) et de dialogue social, renforcent le rôle du CSE comme acteur de la prévention et de la gouvernance sociale.

Afin d'aider les élus à préparer efficacement leurs réunions, Instant-CSE propose un projet d'ordre du jour structuré, fondé sur les dispositions du Code du travail et les dernières actualités juridiques. Pour chaque sujet, vous trouverez les références légales applicables, les raisons d'inscrire le point à l'ordre du jour, des exemples de questions à poser à la direction et les objectifs stratégiques poursuivis. Une méthode concrète pour transformer les obligations légales en un dialogue social constructif et permettre aux élus d'exercer pleinement leur mandat.

Pierre DESMONT
26/06/2026



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