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Télétravail et titres-restaurant : la Cour de cassation consacre le principe d’égalité de traitement

Rédigé le Lundi 13 Octobre 2025 à 20:23 | Lu 254 fois modifié le Lundi 13 Octobre 2025 - 20:31


La Cour de cassation vient de trancher : les salariés en télétravail doivent bénéficier des mêmes titres-restaurant que ceux travaillant sur site. En consacrant le principe d’égalité de traitement, la Haute juridiction met fin à une inégalité persistante et rappelle que le télétravail n’est pas une forme d’emploi à part. Cette décision historique invite les élus du CSE à veiller à l’application uniforme des avantages sociaux dans leurs entreprises.


Une décision majeure pour les salariés en télétravail

Le 8 octobre 2025, la Cour de cassation a rendu deux arrêts (n°24-12.373 et n°24-10.566) qui changent profondément la donne : les salariés en télétravail ont le même droit aux titres-restaurant que leurs collègues travaillant sur site.
La Haute juridiction met fin à une pratique encore fréquente dans certaines entreprises, où les télétravailleurs étaient privés de cet avantage au motif qu’ils travaillaient à domicile.

Le fondement juridique : l’égalité de traitement

L’article L.1222-9 du Code du travail garantit que les télétravailleurs bénéficient des mêmes droits et avantages que les salariés exerçant leurs fonctions dans les locaux de l’entreprise.

La Cour de cassation a précisé que :

  • Le seul critère d’attribution des titres-restaurant est l’existence d’un repas compris dans la journée de travail ;

  • Exclure un salarié du bénéfice de cet avantage en raison de son mode d’organisation du travail (télétravail) constitue une discrimination injustifiée.

Ainsi, dès lors qu’un salarié sur site perçoit des titres-restaurant, son collègue en télétravail y a également droit.


Le cas des usages et accords d’entreprise

Dans la seconde affaire, la Cour rappelle qu’un usage d’entreprise ou un accord collectif prévoyant la distribution de titres-restaurant doit être appliqué à l’identique aux télétravailleurs, sauf dénonciation formelle.
En période de confinement ou de généralisation du télétravail, l’employeur ne peut donc pas suspendre cet avantage sans procédure régulière ni justification objective.

Ce que cela change concrètement pour les élus du CSE

Cette décision ouvre un champ d’action concret pour les élus :

  1. Vérifier les pratiques de l’entreprise : le CSE peut s’assurer que les salariés en télétravail bénéficient bien des mêmes titres-restaurant que les autres.

  2. Intervenir dans le cadre du dialogue social : si l’entreprise refuse ou limite l’accès à cet avantage, le CSE peut saisir la direction et exiger la régularisation.

  3. Informer les salariés : il est essentiel d’expliquer que le télétravail ne justifie pas une perte de droits ou d’avantages sociaux.

  4. Engager une négociation : les élus peuvent proposer un avenant à l’accord télétravail ou une mise à jour du règlement interne pour formaliser cette égalité de traitement.


Un signal fort pour l’avenir du télétravail

Cette jurisprudence confirme une évolution de fond : le télétravail n’est plus une organisation dérogatoire, mais une modalité normale du travail.
Les droits doivent donc être strictement équivalents.
Au-delà des titres-restaurant, cette décision renforce la vigilance à adopter sur d’autres avantages : primes de panier, indemnités repas, accès à la formation, ou participation aux activités sociales du CSE.

La Cour de cassation réaffirme un principe simple : télétravailler ne doit pas faire perdre de droits.
Pour les élus du CSE, cette décision offre une base juridique solide pour défendre les intérêts de tous les salariés, sur site comme à distance, au nom de l’égalité de traitement et du dialogue social.

Notre équipe propose une formation pratique “Télétravail et égalité de traitement” pour accompagner les élus dans la mise en conformité des accords et la défense des droits collectifs.
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Pierre DESMONT
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