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Wifi : Bluesafe anticipe l'impact sanitaire

Rédigé le Mercredi 10 Septembre 2008 à 12:15 | Lu 959 fois modifié le Mercredi 10 Septembre 2008 - 12:17


La société de services Bluesafe, spécialisée dans les réseaux sans fil, a décidé de réagir à la psychose gagnant les entreprises à propos de la pollution électromagnétique. Elle propose désormais une cartographie complète des niveaux d'exposition aux ondes Wi-fi. De quoi rassurer et alerter les responsables informatiques sur la conformité de leurs installation sans fil. Car les dépassements existent, notamment dans les environnements industriels.


Wifi : Bluesafe anticipe l'impact sanitaire
Depuis le début de leur commercialisation, au milieu des années 2000, les radio-émetteurs, antennes et bornes d'accès Internet sans fil Wireless-Fidelity (Wifi) se sont banalisées. La France, à elle seule, compte par exemple au moins 7 millions de « box » sans fil et haut débit, installés dans les foyers, et plus de 31 000 « hotspots ». Des zones de connexion sans fil, publics ou privés, accessibles dans les gares, les hôtels, les cafés, les universités... Outre les ordinateurs, des imprimantes, des appareils photos, des frigos communiquent maintenant en wifi.

Les entreprises ne sont pas épargnées. Leurs réseaux Wifi connaissent une croissance de 50 % chaque année, observe Xavier Seringe, co-fondateur de Bluesafe, une société de services informatiques spécialiste des réseaux sans fil destinés aux grands comptes. « Le marché du Wifi en entreprise est aussi bien industriel que bureautique, avec des accès sécurisés ou pour de la téléphonie. Les gros réseaux vont se composer de 200 ou 300 bornes. Même si certains campus universitaires, très étendus, peuvent dépasser ce total. »

Audit radio sanitaire

Depuis la fin de l'année 2007, suite aux inquiétudes formulées par les comités d'hygiène, de sécurité et de conditions de travail (CHSCT) sur la nocivité supposée des réseaux Wifi, Bluesafe propose à ses clients une étude d'impact sanitaire des champs électromagnétiques. « L'idée est assez récente, poursuit Xavier Seringe. Il s'agit de répondre à la préoccupation de nos clients, en les rassurant ou les alertant sur la conformité de leurs réseaux sans fil aux textes en vigueur, tout en évitant de faire l'amalgame entre le niveau des rayonnements de la téléphonie mobile et ceux du Wifi. » Cette offre de services à part entière, facturée en général autour des 1 000 euros et réalisée par l'équipe audit de Bluesafe, dresse une cartographie du niveau global des émissions et dissocie les signaux des équipements Wifi de ceux des autres communications sans fil, comme le GSM.

Lors de son diagnostic, l'entreprise place sa sonde de mesure en différents points du bâtiment. Là où les personnes se tiennent et travaillent. « C'est très important, insiste le responsable technique. Cela nous permet de disposer des valeurs réelles, représentatives du niveau d'exposition radio subi par les employés. Les mesures sont exprimées en Volt par mètre (V/m), c'est à dire l'intensité du champ électrique issu de l'ensemble des rayonnements électromagnétiques. » La durée de l'audit est très variable. Elle dépend surtout du nombre de points de mesures identifiés avec le client. En moyenne, il est possible de couvrir environ 3 000 m2 par jour dans des bureaux. Et 10 000 m2 par jour dans des sites industriels, en extérieur.

La loi du PIRE

Un rapport complet est ensuite fourni au client. Il contient les valeurs relevées aux différents points de mesures, une analyse des résultats et des recommandations éventuelles en regard du cadre légal et administratif en vigueur. « Pour l'instant, la dizaine d'audits sanitaires que nous avons effectués se sont révélés rassurants, précise Xavier Seringe, avec des installations de réseaux sans fil présentant des résultats en général 100 fois inférieurs à ce que demande la législation, et 20 fois inférieurs aux valeurs du GSM proprement dit. »

Si le décret de 2002 fixe une valeur limite applicable à l'ensemble des communications sans fil, téléphonie mobile incluse, d'autres maxima existent, fixées eux par l'Arcep, l'autorité de régulation des télécoms. Au lieu de Volt par mètre, on parle alors de « PIRE » : Puissance Isotrope Rayonnée Equivalente. Mais cette limite de puissance rayonnée ne garantit pas la puissance réelle des équipements Wifi déployés dans l'entreprise. « Sur certains canaux du Wifi par exemple, vous n'avez droit en extérieur qu'à 10 milliWatt (mW) de puissance, hors le matériel peut avoir été réglé sur 100 mW, voire plus, » explique le responsable technique de Bluesafe. Sans vérification à posteriori, il est alors impossible de savoir si l'installation respecte les seuils réglementaires.

« Dans certaines zones industrielles, nous avons parfois observé une pollution électromagnétique bien supérieure aux valeurs légales, reconnaît le responsable de Bluesafe. Une simple modification de la configuration, par nos soins, permet de réduire la puissance de l'antenne ou de la borne d'accès Wifi, sans affecter la performance des liaisons sans fil... Mais lorsque le dépassement résulte d'une installation GSM, on ne peut rien faire. »


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