Menu
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Dagris file un drôle de coton

Rédigé le Mardi 3 Avril 2007 à 17:03 | Lu 1831 fois modifié le Mardi 3 Avril 2007 - 17:06



Dagris file un drôle de coton
Le comité d'entreprise de Dagris, holding de sociétés de coton et d'oléagineux, devrait refuser, le 30 mars, de rendre un avis sur la privatisation de cette société détenue à 64,7 % par l'Etat. Un refus qui ralentit le processus.

L'Etat avait accepté, le 23 février, de vendre ses parts à Sodaco, un consortium formé par Sofiprotéol (45 %), la société d'investissements IDI (45 %), Antoine Gendry (5 %) et Patrick Leydet (5 %). Le prix de vente était fixé à 7,7 millions d'euros, ce qui valorise à 12 millions d'euros ce confetti d'empire public.

"C'est scandaleux", ont écrit les représentants du personnel et les délégués syndicaux de Dagris au ministre de l'économie, Thierry Breton. Autrefois appelée Compagnie française pour le développement des fibres textiles (CFDT), Dagris contribue à faire vivre une vingtaine de millions de cotonculteurs et leurs familles. Elle construit en ce moment une usine de biocarburant au Burkina Faso. Et elle ne vaudrait que 12 millions ?

"Comment cela se peut-il ?, proteste un élu. Le 31 décembre 2005, ses capitaux propres consolidés s'élevaient à 105 millions d'euros, et le prix de son siège social parisien, rue de Monceau, est estimé entre 35 et 50 millions d'euros." Sans oublier que Dagris possède un patrimoine non négligeable en Espagne, en Côte d'Ivoire, au Cameroun ou en Normandie.

"La crise du coton est incontestable, poursuit le délégué, mais cela ne justifie en rien que, pour 7,7 millions d'euros, les repreneurs raflent une telle mise ! En fait, ils n'ont pas de projet industriel et préparent une juteuse opération immobilière. L'Etat et le personnel vont être tout simplement spoliés."

Mais vous n'y êtes pas !, répond-on à Bercy, qui s'étonne du tintamarre autour de cette "affaire un peu marginale". L'argumentation officielle repose sur l'évolution de la valorisation de Dagris, qui a beaucoup perdu en raison des fluctuations des cours du coton et en raison de la chute du dollar, puisque le coton est vendu mondialement dans cette devise. "Une partie des salariés est demeurée sur une estimation vieille de deux ans et qui n'a plus cours", plaide-t-on au ministère de l'économie. La preuve ? "La Commission des participations et transferts a validé le prix retenu pour l'offre de Sodaco, la meilleure des soixante-dix offres examinées." Cet avis sera rendu public, c'est promis.

Chez Dagris, un salarié avait cru avisé de placer ses économies dans le fonds commun de placement maison, pour améliorer une retraite qui s'annonçait maigre. Il croyait pouvoir compter sur une "pelote" de 160 000 euros. Avec la chute du dollar, la crise du coton, les pertes qui s'ensuivent et, pour finir, la privatisation, il peut espérer au mieux 20 000 euros. Difficile pour lui de ne pas croire à la "manoeuvre frauduleuse" formulée par les élus de Dagris ?


Dans la même rubrique :
< >

Ordre du jour | Cassation | Actualité | 📘 Livre blanc | Code CSE | Mission économique | Mission SSCT | Contact | Outre-mer | Santé au travail | IA et transformation du travail | FPH | QVCT & obligations légales | Dialogue & Négociation | Les grands dossiers d’Instant-CSE | Management RH, santé au travail et DUERP | Manager le travail réel | Prévenir et résoudre les tensions au travail | Vos questions, nos réponses d'experts


Projet d'ordre du jour Réunion CSE – Juillet 2026

Anticiper les risques estivaux, sécuriser les obligations de l'employeur et préparer les consultations de la rentrée

Le mois de juillet constitue une période charnière dans la vie des entreprises et des instances représentatives du personnel. Entre les départs en congés, les fortes chaleurs, les ajustements d'organisation et la préparation des consultations obligatoires de la rentrée, les élus du Comité social et économique (CSE) doivent rester pleinement mobilisés.

Cette réunion est l'occasion de vérifier que l'employeur respecte ses obligations légales en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, mais également d'anticiper les enjeux sociaux des prochains mois. Les récentes évolutions réglementaires, notamment en matière de prévention des risques liés à la chaleur, de maintien dans l'emploi, de gestion des activités sociales et culturelles (ASC) et de dialogue social, renforcent le rôle du CSE comme acteur de la prévention et de la gouvernance sociale.

Afin d'aider les élus à préparer efficacement leurs réunions, Instant-CSE propose un projet d'ordre du jour structuré, fondé sur les dispositions du Code du travail et les dernières actualités juridiques. Pour chaque sujet, vous trouverez les références légales applicables, les raisons d'inscrire le point à l'ordre du jour, des exemples de questions à poser à la direction et les objectifs stratégiques poursuivis. Une méthode concrète pour transformer les obligations légales en un dialogue social constructif et permettre aux élus d'exercer pleinement leur mandat.

Pierre DESMONT
26/06/2026



Derniers tweets

Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
Mobile

Vidéo à la Une
La souffrance au travail.
La souffrance au travail. €
Publié par Pierre DESMONT le 12/05/2014 à 13:19