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Guadeloupe: l'accord ne satisfait pas tout le monde

Rédigé le Lundi 9 Mars 2009 à 10:14 | Lu 1164 fois modifié le Jeudi 2 Avril 2009 - 10:20


Le 4 mars dernier, le LKP levait la grève générale après la signature d'un protocole d'accord reprenant ses revendications. Le conflit social n'est pourtant pas totalement clos. Explications.


Guadeloupe: l'accord ne satisfait pas tout le monde
La grève générale suspendue, un accord sur une hausse salariale signé. La Guadeloupe serait sortie du conflit qui la paralysait depuis le 20 janvier. La situation est en fait plus complexe. Le 4 mars, le LKP a bel et bien signé un protocole d'accord avec des organisations patronales, les élus locaux et l'Etat. Dans la foulée, le collectif annonçait donc la fin de la grève générale.
Ce texte, d'une vingtaine de pages, a effectivement de quoi satisfaire les syndicats. On y retrouve l'intégralité des revendications que porte le LKP depuis un mois et demi: prix des produits alimentaires de base, des billets d'avion, embauche d'enseignants supplémentaires,...165 articles, dont celui concernant la hausse de 200 euros des bas salaires.
Ce dernier point fait l'objet d'une annexe, appelée "Jacques Bino". Sur cinq pages s'étalent les modalités de cette hausse. En clair, l'Etat versera 100 euros tous les mois au titre d'un RSA aménagé, les collectivités 50 euros (mais pas pour les entreprises de plus de 100 salariés) et le patronat de 50 à 100 euros.
C'est cet accord "Jacques Bino" qui pose aujourd'hui problème. Dans le préambule s'est glissée une phrase que rejettent en bloc Laurence Parisot et Yves Jégo: "la situation économique et sociale actuelle existant en Guadeloupe résulte de la pérennisation du modèle de l'économie de plantation". Dans un entretien accordé au Parisien ce lundi matin, la patronne des patrons explique ainsi que le Medef Guadeloupe ne pouvait pas signer un texte comprenant une phrase laissant penser que les patrons sont des esclavagistes. Sur RTL, Yves Jégo a confirmé que ce préambule "n'est pas acceptable".
Sans extension, l'accord ne satisfera pas le LKP
Si l'Etat rejette ce texte, est-ce à dire que l'accord est caduc ? Non, parce que l'accord "Jacques Bino" n'est qu'une partie du protocole, et que, surtout, l'Etat n'a pas à signer ce document. Seuls les partenaires sociaux doivent s'entendre.
Sur ce point, tous n'ont d'ailleurs pas apposé leur signature. Comme l'a expliqué Laurence Parisot, le Medef Guadeloupe n'a pas approuvé le document. Est-il pour autant valable? Oui, en Guadeloupe en tout cas. Sur l'île, l'organisation est minoritaire et "ne représente rien", comme l'explique un proche du dossier.
En fait, le Medef a proposé son propre accord le jour de la signature des 165 mesures de sortie de crise, comme l'avait révélé LEXPRESS.fr Le 4 mars, il avait transmis un texte proposant des augmentations de salaires pouvant aller jusqu'à 250 euros par mois. Soit plus que ce qui est prévu dans l'accord Bino. Le LKP n'a même pas étudié cette offre, arguant qu'il avait déjà signé un document concernant les bas salaires.
En l'état actuel, le protocole d'accord ne concerne que 15 000 à 30 000 salariés (soit ceux qui travaillent dans des sociétés représentées par des organisations patronales signataires du texte), quand celui du Medef devait en toucher 45 000 et que le LKP continue de demander qu'il serve à 55 000 Guadeloupéens. Pour espérer arriver à ce chiffre, il va falloir obtenir l'extension de l'accord à tous les salariés de l'île.
Ce lundi, Brice Hortefeux, ministre du Travail, a indiqué qu'il ne prendrait qu'après le 20 mars sa décision sur cette éventuelle extension. La demande des syndicats "doit passer devant une commission, commission de conciliation en quelque sorte. Cette commission va se réunir le 20 mars et à l'issue des travaux de cette commission, comme ministre du Travail, j'indiquerai s'il y a possibilité d'extension ou pas. (...) A ce stade, j'entends les observations. Laissons la procédure se dérouler. Il y aura une décision qui sera annoncée dans la foulée du 20 mars", a-t-il insisté. Il va donc falloir encore attendre avant de dire avec certitude que la Guadeloupe est sortie de la crise.



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