Menu

Prendre rendez-vous pour une consultation gratuite
Inscription à la newsletter

Accompagner les transformations du travail en sécurisant le dialogue social, la santé au travail et les relations humaines.



Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

On ne peut pas interdire totalement l'alcool dans l'entreprise sans raisons

Rédigé le Vendredi 16 Novembre 2012 à 13:56 | Lu 567 fois modifié le Vendredi 16 Novembre 2012 - 13:58


CE 12 novembre 2012, n° 349365


On ne peut pas interdire totalement l'alcool dans l'entreprise sans raisons
Une entreprise a été condamnée à retirer une clause de son règlement intérieur, rédigée en ces termes : "La consommation de boissons alcoolisées est interdite dans l'entreprise, y compris dans les cafétérias, au moment des repas et pendant toute autre manifestation organisée en dehors des repas". Il a été jugé que l'employeur n'avait pas le pouvoir d'interdire totalement la consommation d'alcool dans l'entreprise.

D'après le code du travail, aucune boisson n'est autorisée sur le lieu de travail, autres que le vin, la bière, le cidre et le poiré (c. trav. art. R. 4228-20). A priori donc, les salariés sont théoriquement en droit de consommer certaines boissons alcoolisées. Le règlement peut-il être néanmoins plus restrictif en imposant une interdiction plus générale, notamment pour des raisons de sécurité ?

L'employeur est soumis à une obligation générale de sécurité à l'égard de ses salariés : il doit prendre toutes mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés et en assurer l'effectivité (c. trav. art. L. 4121-1 ; cass. soc. 16 juin 2009, n° 08-41519, BC V n° 147). Mais d'un autre côté, le règlement intérieur ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnée au but recherché (c. trav. art. L. 1321-3).

En conséquence, des impératifs de sécurité peuvent permettre à l'employeur de réglementer la consommation d'alcool plus strictement que la loi ne l'exigerait, dès lors que cette restriction reste proportionnée au but recherché (la santé et la sécurité des salariés). En l'occurrence, ce n'était pas le cas : le règlement intérieur n'indiquait pas les raisons caractérisant une situation de danger ou de risque spécifique à l'entreprise, de sorte que l'employeur ne pouvait pas imposer une interdiction générale et absolue.

La présente décision du Conseil d' Etat remet donc en cause la règle particulièrement restrictive selon laquelle le règlement intérieur peut interdire l’introduction et la consommation de toute boisson alcoolisée dans l’entreprise si l'employeur estime cette interdiction opportune dans l'intérêt de l'entreprise (rép. Boutin n° 1177, JO du 10 novembre 1997, AN quest. p. 3964 ; cass. soc. 3 octobre 1969, n° 68-40480, BC IV n° 509).


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
< >

Ordre du jour | Cassation | Actualité | 📘 Livre blanc | Code CSE | Mission économique | Mission SSCT | Contact | Outre-mer | Santé au travail | IA et transformation du travail | FPH | QVCT & obligations légales | Dialogue & Négociation | Les grands dossiers d’Instant-CSE | Management RH, santé au travail et DUERP


Ordre du jour – Réunion CSE Juin 2026

Anticiper les risques, sécuriser les pratiques et préparer les enjeux sociaux du second semestre : les priorités du CSE en juin 2026

Le mois de juin constitue un moment stratégique pour les élus du Comité social et économique. Entre l’organisation de la période estivale, l’analyse des indicateurs sociaux du premier semestre et les nouvelles obligations réglementaires touchant les employeurs, les SPSTI et les CSE, les élus doivent renforcer leur capacité d’analyse et d’anticipation.
Cette réunion doit permettre d’identifier les risques organisationnels, de sécuriser juridiquement les pratiques du CSE et de mieux comprendre les évolutions réglementaires susceptibles d’avoir un impact sur les salariés, notamment en matière de santé au travail et de prévention de la désinsertion professionnelle.

👉 Plus que jamais, les élus doivent être en capacité de relier les données économiques, sociales et réglementaires afin d’exercer pleinement leur rôle dans le dialogue social.

Pierre DESMONT
22/05/2026



Derniers tweets

Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
Mobile

Vidéo à la Une
La souffrance au travail.
La souffrance au travail. €
Publié par Pierre DESMONT le 12/05/2014 à 13:19