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Rentrée en ordre dispersé pour les syndicats

Rédigé le Mercredi 26 Août 2009 à 10:14 | Lu 1276 fois modifié le Mercredi 26 Août 2009 - 10:16



Rentrée en ordre dispersé pour les syndicats
De nombreux dossiers sensibles attendent les centrales qui restent divisées sur la suite à donner à leur mouvement. Aucune date n'a été fixée pour l'intersyndicale.

Les syndicats l'avaient promis et ils vont tenir parole : la rentrée sera chaude. Mais pas dans la rue. C'est entre centrales que la température monte en ce moment, au sujet de la stratégie à adopter pour les prochaines semaines. L'échec de la mobilisation intersyndicale du 13 juin, qui n'a rassemblé qu'entre 71 000 et 150 000 personnes, est dans toutes les têtes et rien ne serait pire qu'un appel à manifester qui se transformerait en fiasco. «Il n'est pas satisfaisant de reproduire des manifestations qui mobilisent peu et qui n'ont aucun résultat, confirme Gabrielle Simon, la vice-présidente de la CFTC. On ne va pas continuer longtemps comme cela.» Crédibilité oblige.

Pour l'heure, les huit organisations syndicales à l'origine des mobilisations en 2009 n'ont toujours pas calé de date en septembre pour se revoir et définir la suite à donner à ce mouvement. Problème d'agendas, disent-elles. «On est d'accord sur les finalités de l'action, mais encore faut-il qu'on s'entende sur ses moyens», confirme l'un des membres de l'intersyndicale. Jean-Claude Mailly, le leader de FO, réclame une grève de 24 heures que refusent Bernard Thibault et François Chérèque. Ces derniers veulent promouvoir le résultat de la mobilisation des délégués syndicaux dans les entreprises et trouver d'autres moyens d'expression que la grève et les manifestations.

En fait, les syndicats jouent la montre. Ils savent que la rentrée va être particulièrement difficile sur le front de l'emploi - arrivée sur le marché du travail des jeunes diplômés de 2009, plans sociaux en préparation dans de grandes entreprises… - et qu'il leur faudra négocier de nouvelles mesures d'aide. Ils veulent donc éviter de griller leurs cartouches trop tôt, les chiffres du chômage de septembre n'étant rendus publics que fin octobre. «Des milliers de salariés vont être touchés et notre priorité, c'est d'être à leur côté et de trouver les meilleures solutions pour les aider à passer ce cap», explique Marcel Grignard, le secrétaire général adjoint de la CFDT.


Réforme du bonus des traders

L'heure est donc plus aux discussions qu'à l'action. Bernard Thibault et François Chérèque vont ainsi débattre jeudi des «défis du syndicalisme de demain» lors de l'université d'été syndicale de la CFDT. Au même moment, la CFTC parlera gouvernance et représentativité, en présence de Jacques Delors et - peut-être - de Xavier Darcos.

L'idée des différentes centrales est d'arriver fin prêtes en septembre pour avancer sur certains dossiers stratégiques. Ils comptent ainsi mettre la pression sur la question du bonus des traders. «Les salariés ne comprennent pas que l'on donne des récompenses à des gens qui nous ont conduits, en spéculant, dans la crise actuelle», dénonce Marcel Grignard. Les centrales entendent également surveiller la mise en place des nouvelles règles relatives au travail dominical. «On ne peut pas accepter que se créent de nouvelles inégalités entre salariés dans le pays en ce moment», plaide Gabrielle Simon.

Restent ensuite les dossiers structurels déconnectés de la crise. Syndicats et patronat ont rendez-vous dès septembre pour discuter gouvernance, dialogue social dans les TPE et fonctionnement du paritarisme. Ils doivent aussi trouver rapidement un compromis sur les durées de majorations d'assurance retraite des mères de famille que Xavier Darcos doit étendre aux hommes. Autre sujet important : la négociation sur la santé au travail, qui doit reprendre en septembre. Le nouveau ministre du Travail veut y inclure des éléments liés à la pénibilité, ce qui aura «forcément un impact sur le rendez-vous Retraites 2010», explique son entourage.

Ils vont aussi plancher sur les priorités du grand emprunt et tenter de mettre un point final au dossier de l'égalité professionnelle homme-femme. Xavier Darcos veut lancer une concertation nationale en octobre afin de pouvoir légiférer début 2010. Bref,les syndicats ne vont pas chômer en cette rentrée qui, à défaut de chaude, s'annonce chargée.

Le figaro.


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