Menu
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

« Déficit du comité d'entreprise : qui doit payer ? »

Rédigé le Mercredi 27 Janvier 2010 à 11:11 | Lu 2695 fois modifié le Mercredi 27 Janvier 2010 - 11:20




Les Echos - 26/01/2010
par LAURANCE N'KAOUA

La réponse de Marie Hautefort
La publicité faite autour d'un « trou » de plus de 21 millions d'euros dans le budget du comité central d'entreprise d'Air France conduit à se poser la question. En effet, le comité d'entreprise n'étant pas une société commerciale, on ne peut lui appliquer les solutions prévues par le Code du commerce. Il serait plus comparable à une association mais le président n'étant pas décisionnaire pour la gestion du budget, on ne saurait le tenir pour responsable, sauf en ce qui concerne les oeuvres sociales qu'il gère par délégation du CE.
Le premier souci du comité, après la remise du rapport d'audit, a été de rechercher s'il y avait eu enrichissement personnel. Dans ce cas, c'était simple : le CCE aurait déposé plainte car la responsabilité pénale et civile du ou des délinquants aurait été engagée. Cela n'aurait pas tout résolu, car les intéressés auraient été bien en peine de rembourser pareille ardoise, mais au moins, on aurait identifié des responsables. Cette hypothèse, on va le voir, n'est pas écartée.
En admettant que la faute individuelle des élus soit écartée, la responsabilité sera celle du comité d'entreprise en tant que personne morale. Il s'agit ici d'une responsabilité civile. Il est rarissime que la responsabilité pénale d'un comité d'entreprise soit engagée : il faut pour cela qu'il ait collectivement commis un délit, par exemple, la falsification des comptes délibérément approuvée par le CE. Une telle situation supposerait d'ailleurs la complicité du président...
Dépôt de plainte
La mise en cause du comité n'est possible que s'il a commis une faute. Dans l'affaire Air France, avec un déficit aussi important, il est difficile de soutenir que le comité n'est pas au moins coupable de négligence. En effet, le Code du travail a pris toute disposition pour que les comptes du CE soient transparents : « A la fin de chaque année, le comité d'entreprise fait un compte rendu détaillé de sa gestion financière. » (C. trav., art. R. 2323-37). Ce compte rendu, récapitulant ressources et dépenses, doit être affiché pour que le personnel en ait connaissance. Le bilan de l'année écoulée doit précéder le vote du budget de l'année suivante.
On peut concevoir que la plupart des salariés passent à côté du compte rendu du CE sans le consulter, mais les membres de l'institution, eux, doivent bien l'éplucher et si, dans une PME, cet examen est fait par l'ensemble du comité, on imagine que le CCE d'Air France s'est doté d'une commission spécifique pour gérer les fonds des activités sociales et culturelles...
Quelle que soit l'explication, il y a faute et certainement pas seulement du CE en cours de mandat.
Le syndicat Unsa-aérien d'Air France a annoncé jeudi avoir déposé une plainte contre X pour abus de confiance et recel d'abus de confiance.
Que peut-il en sortir ? Essentiellement, une décision de justice pour déterminer le coupable, personne physique ou personne morale. Mais ce n'est pas le juge qui pourra dire comment redresser la barre sans léser le personnel.
Editions Lamy.


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
< >

Ordre du jour | Cassation | Actualité | 📘 Livre blanc | Code CSE | Mission économique | Mission SSCT | Contact | Outre-mer | Santé au travail | IA et transformation du travail | FPH | QVCT & obligations légales | Dialogue & Négociation | Les grands dossiers d’Instant-CSE | Management RH, santé au travail et DUERP | Manager le travail réel | Prévenir et résoudre les tensions au travail | Vos questions, nos réponses d'experts


Projet d'ordre du jour Réunion CSE – Juillet 2026

Anticiper les risques estivaux, sécuriser les obligations de l'employeur et préparer les consultations de la rentrée

Le mois de juillet constitue une période charnière dans la vie des entreprises et des instances représentatives du personnel. Entre les départs en congés, les fortes chaleurs, les ajustements d'organisation et la préparation des consultations obligatoires de la rentrée, les élus du Comité social et économique (CSE) doivent rester pleinement mobilisés.

Cette réunion est l'occasion de vérifier que l'employeur respecte ses obligations légales en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, mais également d'anticiper les enjeux sociaux des prochains mois. Les récentes évolutions réglementaires, notamment en matière de prévention des risques liés à la chaleur, de maintien dans l'emploi, de gestion des activités sociales et culturelles (ASC) et de dialogue social, renforcent le rôle du CSE comme acteur de la prévention et de la gouvernance sociale.

Afin d'aider les élus à préparer efficacement leurs réunions, Instant-CSE propose un projet d'ordre du jour structuré, fondé sur les dispositions du Code du travail et les dernières actualités juridiques. Pour chaque sujet, vous trouverez les références légales applicables, les raisons d'inscrire le point à l'ordre du jour, des exemples de questions à poser à la direction et les objectifs stratégiques poursuivis. Une méthode concrète pour transformer les obligations légales en un dialogue social constructif et permettre aux élus d'exercer pleinement leur mandat.

Pierre DESMONT
26/06/2026



Derniers tweets

Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
Mobile

Vidéo à la Une
La souffrance au travail.
La souffrance au travail. €
Publié par Pierre DESMONT le 12/05/2014 à 13:19