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Six salariés sur dix pensent ne pas être augmentés cette année

Rédigé le Jeudi 25 Février 2010 à 08:57 | Lu 1581 fois modifié le Jeudi 25 Février 2010 - 08:59


Les Echos - 24/02/2010
par STEPHANE DUPONT


Six salariés sur dix pensent ne pas être augmentés cette année



Une nette majorité de Français soutient les employés d'Ikea en grève pour leur rémunération et juge « mauvaise » la politique économique du gouvernement, selon le baromètre mensuel BVA pour « Les Echos », France Info et Absoluce.

Les salariés français ne se font pas trop d'illusions. En raison notamment de la crise, 61 % d'entre eux s'attendent à ne pas être augmentés en 2010, révèle le baromètre mensuel BVA pour « Les Echos », France Info et Absoluce. Ils ne sont que 37 % à espérer le contraire. Paradoxalement, les employés du secteur public sont plus pessimistes que ceux du secteur privé (67 % contre 56 %), alors que les rémunérations sont gelées dans de très nombreuses entreprises privées, quand elles continuent de progresser dans l'administration. Explication : « Les fonctionnaires que nous avons interrogés ne tiennent pas compte des augmentations indicielles visant à compenser la hausse du coût de la vie », décrypte Gaël Sliman, le directeur général adjoint de BVA. Moins surprenant, les travailleurs les moins payés, car souvent les plus exposés à la concurrence, se montrent les plus résignés : 74 % des personnes gagnant moins de 1.500 euros net par mois ne comptent pas sur un geste de leur employeur en 2010.

« Un sentiment d'injustice »
Il ne faut pas voir pour autant dans ces résultats une forme d'acceptation ou de conversion à la rigueur salariale comme celle voilà peu en Allemagne des travailleurs de la métallurgie, qui ont préféré sacrifier les augmentations au profit de l'emploi. Au contraire même. Les Français sondés par BVA soutiennent très massivement (à 83 %) les revendications des employés d'Ikea en grève pour obtenir des hausses des salaires. Qu'ils soient d'ailleurs de milieux aisés ou défavorisés, de droite (à 73 %) ou de gauche (à 92 %). « La grogne est en train de monter dans les entreprises, alerte Gaël Sliman. Après une année 2009 durant laquelle ils ont dû faire beaucoup de sacrifices, les salariés ont l'impression que la situation commence à s'améliorer et réclament d'être récompensés de leurs efforts . » Pour le directeur général adjoint de BVA, « un sentiment d'injustice s'installe dans l'opinion », au fur et à mesure notamment que les banques annoncent le retour à de spectaculaires bénéfices. D'autant que s'y ajoute une déception plus ancienne sur l'évolution du pouvoir d'achat, l'une des grandes promesses du candidat Sarkozy en 2007.
Un printemps social « chaud »

Conséquence logique, la politique économique du gouvernement « s'enfonce un peu plus dans l'impopularité », souligne Gaël Sliman. Seules 32 % des personnes interrogées par BVA la jugent « bonne » contre 63 % « mauvaise ». C'est respectivement 4 points de plus et 3 points de moins que le mois dernier. Les catégories populaires se montrent particulièrement sévères. En revanche, les sympathisants de droite continuent de soutenir très majoritairement l'exécutif (à 62 %). L'un des rares motifs de satisfaction pour François Fillon dans ce sondage. Désormais proche de son plus bas d'avril 2008, la popularité de sa politique économique « va encore chuter , prédit Gaël Sliman. Le printemps social pourrait être chaud ».



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