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CDD à répétition, temps d'habillage: La Poste de nouveau condamnée à Albi

Rédigé le Mercredi 6 Février 2008 à 12:03 | Lu 1666 fois modifié le Mercredi 6 Février 2008 - 12:04


La Poste a été condamnée à deux reprises coup sur coup en l'espace de trois semaines devant le conseil de prud'hommes d'Albi, saisi par des salariés dénonçant leurs CDD à répétition ou revendiquant le paiement de leur temps d'habillage.


CDD à répétition, temps d'habillage: La Poste de nouveau condamnée à Albi

Mardi, le tribunal a condamné La Poste à verser 66.000 euros à une ancienne salariée, Odile Guibert, 52 ans, et à requalifier sa carrière pour les 247 CDD effectués entre 1976 et 2006.

Les mêmes prud'hommes avaient donné raison le 15 janvier à onze facteurs tarnais qui demandaient que leur temps d'habillage et de déshabillage soit comptabilisé dans leur temps effectif de travail.

Dans le cas de Mme Guibert, entrée à la Poste de Cordes-sur-ciel (Tarn) en 1976 avec un CDD de femme de ménage, puis employée comme guichetière, agent de tri et enfin factrice jusqu'en 2006, La Poste a été condamnée, outre les 66.000 euros de dommages et intérêts, à une reconstitution de sa carrière depuis 1990, date du changement de statuts de La Poste.

"La Poste estimait que Mme Guilbert avait démissionné alors qu'elle avait été honteusement licenciée. Elle obtient une requalification de carrière et va bénéficier d'une meilleure retraite", s'est félicité Thomas Barba, cadre et délégué syndical CGT à La Poste.

"Je suis très satisfaite (...) Mon travail a été valorisé. Je suis rassurée pour mon avenir, notamment ma retraite", a déclaré Mme Guibert.

Dans une autre affaire de CDD abusifs, dénoncés par 11 postiers, les prud'hommes ont condamné mardi La Poste à verser à quatre plaignants de 1.500 à 15.000 euros de dommages et intérêts, ainsi que des rappels de salaires, et à procéder à une régularisation des carrières.

Sept des 11 postiers ont cependant été déboutés et condamnés à payer 500 euros au titre de remboursement des frais de justice, le juge départiteur ayant estimé que les "contrats dont ont bénéficié ces postiers n'étaient pas contraires au code du travail".

"Nous sommes confrontés à une spécificité tarno-tarnaise, pour raisons personnelles du représentant des intérêts des postiers, de porter ces affaires devant les instances judiciaires", a regretté l'avocat de La Poste, Me Emmanuel Gil, à la sortie de la salle d'audience.

Dans le même temps, a-t-il souligné, la politique sociale de La Poste fait qu'"aujourd'hui sur la région Midi-Pyrénées, la part des CDI à temps complet est de 98%, moyenne légèrement supérieure à celle au plan national". "Ici, la négociation est systématiquement refusée", a-t-il ajouté.

Depuis près de deux ans, une cinquantaine de cas similaires ont été plaidés devant les prud'hommes d'Albi, dont celui de Christine Cros, postière probable détentrice du "record de France des CDD" avec un total de 574 contrats à durée déterminée.

Ayant travaillé à Lagrave et Marssac-sur-Tarn, elle a obtenu des prud'hommes une condamnation de La Poste à lui verser plus de 60.000 euros et à requalifier ses CDD en CDI à temps partiel, fin 2006.

Le 15 janvier dernier, onze facteurs tarnais demandant à La Poste que leur temps d'habillage et de déshabillage soit comptabilisé dans leur temps effectif de travail ont également obtenu satisfaction des prud'hommes d'Albi.

La Poste, engagée dans une négociation nationale sur la question du temps d'habillage des facteurs, a été condamnée à payer des rappels de salaires sur le temps d'habillage, évalué à 6 minutes par jour, sur cinq ans, représentant au total plus de 1.000 euros pour chacun des plaignants.


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